24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Urgences engorgées : des parents à cours d'option

20/12/2011 16h47 

Nancy et Stéphane n'ont pas hésité à amener la petite Mélodie à l'urgence pour s'assurer de son état de santé.
Photo : Sarah Bélisle
Au moment où les chefs des urgences pédiatriques de Montréal somment les familles dont l'état des enfants n'est pas urgent d'éviter de se présenter chez eux, les parents inquiets pour la santé de leurs petits n'ont souvent d'autre choix que de s'y rendre.

C'est le cas d'une famille de Joliette dont la petite Mélodie, neuf mois, est souffrante depuis quelques jours déjà. Dénicher un médecin disposé à soigner le bambin relève de l'impossible. C'est du moins l'impression qu'ont laissée ces derniers jours aux parents de la petite, Nancy et Stéphane.

« En deux jours, pas moyen de voir un médecin », raconte Nancy, les yeux rougis. « Mélodie a mal à la gorge. Elle ne peut plus boire, ni manger. Elle n'a même plus assez de voix pour pleurer », détaille-t-elle, visiblement préoccupée. Dans ses bras, la petite pleure en silence.

Il a été impossible pour la famille de rencontrer le pédiatre de Mélodie dont l'agenda affiche complet. Après avoir essuyé ce refus, la famille a tenté sa chance dans l'ensemble des cliniques sans rendez-vous près de chez eux, explique Nancy. Mélodie n'a pas pu y être auscultée, faute de place.

Désespérée, Nancy s'est présentée lundi à l'urgence de l'Hôpital de Joliette avec Mélodie. Elles y ont patienté 9 h jusqu'à 20 h. Son cas n'était pas jugé pressant.

Le personnel semblait prendre à la légère l'état de santé de Mélodie, déplore-t-elle. Excédée, la famille est rentrée à la maison sans consulter de médecin.

Les deux parents ont sauté dans la voiture, mardi matin, avec Mélodie et son grand frère Mathis. Ils ont pris le chemin de Montréal, en direction les urgences du CHU Sainte-Justine, le dernier recours pour ces parents découragés.

« On devrait être capable de voir un médecin sans avoir à payer pour aller au privé. On est au Québec », lance Stéphane.

Trop de cas non pressants aux urgences pédiatriques

L'état de plus de la moitié des enfants qui sont auscultés aux urgences pédiatriques de Montréal n'est pas jugé urgent. Le CHU Sainte-Justine et l'Hôpital de Montréal pour enfants demandent donc aux parents d'éviter, si possible, leurs urgences qui sont encore plus engorgées qu'à l'habitude à l'approche des fêtes.

« Les ressources sont poussées à la limite », déplore le Dr Benoît Bailey, chef médical de l'urgence du CHU Sainte-Justine. De 50 à 60 % des patients qui y sont examinés devraient plutôt l'être ailleurs qu'à l'urgence. « Il faut qu'ils s'attendent à attendre si leur situation ne mérite pas d'être vue rapidement », avertit-il.

Le CHU Sainte-Justine examine environ 240 patients par jours, alors que sa capacité est de 180, souligne le Dr Bailey. L'Hôpital de Montréal pour enfants connaît une situation similaire. Les deux établissements s'attendent à ce que le nombre de patients augmente encore entre Noël et le jour de l'An.

Les parents sont invités à consulter Info-Santé, leur médecin de famille ou encore les cliniques sans rendez-vous.

sarah.belisle@24-heures.ca

 
 

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