24 HEURES - Le lundi 22 avril 2019

Le transport de personnes handicapées à Montréal : tout un casse-tête

08/12/2011 17h52 

Laurence Parent, plaignante et vice-présidente du RAPLIQ (gauche) et Catherine Roy, plaignante (à droite) à la station Square Victoria.
Photo : Sarah Bélisle
Les déplacements dans Montréal causent bien des maux de tête et frustrations aux personnes handicapées, dont onze ont déposé des plaintes pour discrimination contre la Société de transport de Montréal (STM), comme l’annonçait jeudi 24H.

Pour une personne handicapée, se rendre d’un endroit à l’autre est un véritable casse-tête, témoigne Laurence Parent, l’une des plaignantes.

« Le métro n’est pas une option, c’est clair », lance l’étudiante qui se déplace en fauteuil roulant. Seule sept des 68 stations de la métropole sont accessibles en fauteuil roulant.

Si les autobus à plancher surbaissé sont nombreux sur le réseau, leur bris est fréquent, assure Mme Parent. « On nous laisse souvent sur le trottoir », dénonce-t-elle.

Jeudi, elle se trouvait au centre-ville. « Je peux prendre un autobus, rouler 20 minutes, puis reprendre un autobus. Il y a peu de chance que j’y arrive sans tracas ». Elle risque plutôt de passer de nombreuses heures à retourner chez elle, dans le quartier Rosemont.

Du côté du transport adapté, le système n’est pas suffisamment souple pour répondre aux besoins des personnes handicapées, continue-t-elle. « Tu dois réserver d’avance. Dès qu’il y a le moindre imprévu ou si tu ne sais pas à qu’elle heure tu vas finir, ça tombe à l’eau. »

« On ne sait jamais quand le transport adapté va se présenter », déplore quant à elle Linda Gauthier, présidente du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ).

Mme Parent se tourne de temps à autre vers les taxis adaptés. « Mais je suis étudiante, je ne peux pas me le permettre tout le temps ».

Les onze plaintes ont été reçues par la Commission des droits de la personne.

« Si on prouve après enquête qu’il y a bel et bien discrimination, nous pourrons aller devant le Tribunal des droits de la personne pour obliger la STM à changer la situation », explique Réal Tremblay, directeur adjoint de l’accueil et à l’évaluation des la Commission.

La STM se refuse à tout commentaire sur le dossier.

Problèmes soulevés par les 11 plaintes :

-Bris fréquents des planchers surbaissés des autobus

-Sept stations de métro sur 68 accessibles, dont celles de Laval.

-Transport adapté qui permet peu de souplesse

-Chauffeurs des taxis adaptés mal formés

sarah.belisle@24-heures.ca

 
 

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