24 HEURES - Le mardi 18 décembre 2018

Itinérants à Montréal : situation alarmante

10/11/2011 17h16 

Les manifestants ont reçu l’appui de plusieurs figures politiques, dont la députée du Bloc Québécois, Maria Mourani.
Photo: Éric Bolté
Plus de 150 manifestants veulent la construction de 25 000 logements abordables et sociaux à Montréal.

C’est le nombre d’habitations qui seraient nécessaires pour mettre un toit au-dessus de toutes les personnes sans domicile fixe (SDF) dans la métropole.

« Selon nos estimations, nous avons besoin de près de 300 lits de plus dans les centres d’hébergement et près de 25 000 logements abordables dans la métropole », affirme Pierre Gaudreau, coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes (RAPSIM) de Montréal.

Les membres du regroupement d’organismes qui interviennent auprès des SDF étaient rassemblés, jeudi, devant le Secrétariat national des sans-abri, au Complexe Guy-Favreau pour demander l’augmentation de l’aide fédérale aux personnes sans logement, au centre-ville de Montréal.

En effet, d’après des statistiques fédérales compilées en 2006, il y aurait près de 30 000 SDF à Montréal, ce qui est plus que la population totale de la ville de Beloeil. Le RAPSIM a dénoncé le manque d’intervention de la part du gouvernement fédéral conservateur, alors que la situation ne cesse de s’aggraver, selon eux.

Les protestataires veulent que le budget de la Stratégie de partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI) passe de 20 M$ à 50 M$ au Québec, afin de répondre au besoin grandissant d’espace en hébergement des sans-abri.

Débordements

« Nous constatons des débordements dans les ressources en hébergement depuis quelques années. La situation est particulièrement alarmante dans les centres pour femmes », affirme Maude Ménard-Dunn, organisatrice communautaire.

Celle-ci prend en exemple l’Auberge Madeleine, qui doit refuser près de 5000 demandes d’hébergement chaque année, et ce, depuis 2008. La situation est semblable partout ailleurs, tel qu’à la Mission Bon Accueil, qui en 2011 a constaté une augmentation record de 18 % de fréquentation à l’intérieur de ses murs.

Outre le nombre grandissant d’itinérants au Québec, les protestataires s’indignent du fait que l’indexation du budget de la SPLI n’ait pas été dégelée depuis 2001.

« Sans tenir compte des besoins des centres d’hébergement et des groupes d’intervention, le gouvernement fédéral ne prend pas en considération l’augmentation de coût de la vie dans ses calculs d’aide aux itinérants, et ce, depuis près de dix ans », lance M. Gaudreau.

Appel à l’unité

Plusieurs figures politiques étaient présentes lors du rassemblement pour former un front commun face au gouvernement Conservateur.

Jocelyn Ann Campbell, responsable du développement et communautaire à la Ville de Montréal, Hélène Laverdière du NPD, Marc Garneau du PLC et Maria Mourani du Bloc Québécois étaient tous côte à côte pour appeler à la collaboration entre les partis, afin de régler le problème de l’itinérance dans la province et au pays.

emmanuel.delacour@24-heures.ca

 
 

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