24 HEURES - Le mercredi 22 novembre 2017

Square Victoria

Les «indignés» occupent Montréal

15/10/2011 10h16 - Mise à jour 15/10/2011 17h34

Des tentes sont apparues au Square Victoria en soutien au mouvement «Occupy Wall Street».
Photo : Étienne Laberge / 24H
MONTRÉAL – Près d’un millier de personnes ont dénoncé haut et fort les dérives du capitalisme et l’iniquité dans la redistribution de la richesse, samedi, dans le cadre d’«Occupons Montréal», l’une des 1500 manifestations du genre tenues partout dans le monde.

Les organisateurs ont choisi de s’installer au square Victoria, entre la Tour de la Bourse et le Centre de commerce mondial. L’événement s’est déroulé dans le calme.

Dans une atmosphère festive, on pouvait lire sur les pancartes : «On a notre mot à dire», «Nous sommes les 99 %» ou «Seul le partage sauvera le monde» dans une atmosphère festive.

«Ceux qui ont le pouvoir, ce sont eux à qui le système bénéficie. La population, dans ce contexte, n’a pas vraiment le droit de parole, a tonné Frédéric Carmel, un manifestant. On est tous des citoyens du Québec, des citoyens du Canada et du monde, alors travaillons pour que nos sociétés bénéficient à tous les êtres humains!»

«C'est la colère du peuple, le 99 % qu'on se réclame, de voir depuis quelques années la crise économique et toutes les coupes dans les services sociaux qu'ils font. L'écart entre les pauvres et les riches s'agrandit», a déclaré un jeune manifestant qui espère que ce mouvement «réinventera» la démocratie.

«Le système économique ne changera pas si on ne prend pas des initiatives pour que tout le monde soit bien sur la planète, a dit une protestataire. Ça va tomber, c'est certain. L'histoire se répète. Les masses ne sont jamais comprises de l'élite.»

Un autre a estimé que le mouvement démontre un ras-le-bol. «Peut-être que nous avons perdu une certaine conscience collective, a-t-il avancé. Cette crise financière a eu tellement d'impacts. C'est ce qui explique que des gens de différentes avenues se retrouvent à l'arrière du mouvement.»

Les manifestants ont notamment apposé de nombreux autocollants sur la base de la statue de la reine Victoria. Certains avaient planté leurs tentes sous les quelques arbres du square, laissant croire qu’ils prévoyaient occuper les lieux pendant un certain temps. Un large comptoir de distribution de nourriture a été installé, des provisions qui permettront aux occupants de tenir plusieurs jours.

Surveillance

L’ambiance était festive malgré le froid, le vent et la pluie intermittente. Le tout se déroulait sous l’œil attentif des policiers, qui demeuraient en retrait.

À quelques coins de rue de là, cependant, d’autres agents, plus nombreux, se préparaient à intervenir en cas de besoin.

Ian Lafrenière, porte-parole de la police, avait indiqué plus tôt que le mouvement d’occupation était différent d’une manifestation traditionnelle et que rien n’empêcherait les gens de circuler dans les rues. «Notre objectif n’est pas d’empêcher les gens de s’y trouver (au square Victoria), mais bien d’assurer que tout se passe de façon sécuritaire», a affirmé M. Lafrenière.

Ailleurs au Québec et dans le reste du Canada, plusieurs autres villes étaient aussi le théâtre de manifestations inspirées par le mouvement «Occupy Wall Street» qui sévit à New York depuis plusieurs semaines.

Les réseaux sociaux ne dérougissaient pas, samedi. Les mises à jour sur Twitter défilaient à haute vitesse. Plusieurs se donnaient rendez-vous pour aller manifester. D’autres se moquaient de ces «hippies» qui espèrent changer le monde.

 
 

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