24 HEURES - Le samedi 23 septembre 2017

Un accord international gardé secret ?

13/10/2011 17h48 

Les membres du RQIC, ainsi que Jean-Martin Aussant, réclament plus de clarté quant aux discussions entre le Canada et Union européenne.
Photo: Éric Bolté
Des représentants du Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC), ainsi que des députés de l’Assemblée nationale décrient l’absence totale d’information disponible au sujet de ce qu’ils considèrent « un des accords économiques les plus importants jamais négociés par le Canada, depuis l’ALÉNA. »

L’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AÉCG) vise à mettre en place de meilleures relations économiques et commerciales entre ces deux acteurs internationaux.

Or, ce que craignent les membres du RIQC, c’est la possible dérèglementation et privatisation engendrées dans tous les secteurs touchés par cet accord.

De plus, le contenu même de l’AÉCG reste inconnu au public, puisque les chefs d’états impliqués dans les négociations, dont le premier ministre québécois, Jean Charest, et les acteurs économiques, gardent secrètes ces informations.

C’est d’ailleurs une fuite qui aurait rendu accessible la dernière version du texte, qui a mis la puce à l’oreille au RQIC. Malgré le peu d’information obtenue, le document révèle que les services en matière de santé, d’éducation, d’électricité, de télécommunications, d’eau potable et de culture n’ont pas été exclus des discussions.

« Au moment même où des négociateurs discuteront en notre nom sans n’avoir jamais reçu de mandat de la population, nous voulons dénoncer publiquement cette façon de faire antidémocratique », s’indigne Régine Laurent, porte-parole de la RQIC et présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.

Les négociations n’en sont pas à leurs premiers balbutiements, puisque selon le site Internet d’Affaires étrangères et Commerce international Canada, les parties en seraient à la huitième ronde des discussions.

Le député indépendant de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, s’est lui aussi prononcé sur l’enjeu qui met en jeu « notre souveraineté politique, énergétique, alimentaire, environnementale et culturelle ». Celui-ci ajoute que « le gouvernement ne devrait pas sacrifier sa souveraineté devant des intérêts économiques circonscrits. »

Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe, anciens députés du PQ, ont eux aussi apporté leur appui à la RQIC et promettent de mettre « la pression nécessaire en Assemblé nationale sur le premier ministre, afin qu’il divulgue le contenu des négociations. »

emmanuel.delacour@24-heures.ca

 
 

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