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Manifestation contre les gaz de schiste à Montréal

18/06/2011 16h50 - Mise à jour 18/06/2011 17h38

Photo: Étienne Laberge
Quelques milliers de personnes ont manifesté samedi pour demander l'adoption d'un moratoire sur l'exploitation des gaz de schiste au centre-ville de Montréal.

Sous les « Un peuple, uni, jamais de sera vaincu », « Non au Gaz de Schiste » et d’autres slogans plus exotiques comme « Charest, tu me donnes des gaz », la foule nombreuse et bruyante venait notamment de la Montérégie, de Québec et du Bas-Saint-Laurent.

Les manifestants demandent un moratoire sur l’exploitation et l’exploration du gaz de schiste en attendant que les études d’impacts environnementals soient réalisées, certains demandant aussi la nationalisation de l’industrie.

« J’habite à Saint-Charles-sur-Richelieu et tout près de chez nous on voit le va-et-vient des camions. Ils veulent exploiter ça au plus vite et on est au courant de rien. Il faut attendre d’en savoir plus, c’est essentiel », affirme le père de famille Philippe Simoneau, accompagné de Juliette, 8 ans et d’Émile, 7 ans.

Quant à Lise Perreault, c’est dans sa cour qu’elle a fait la découverte des gaz de schiste. « L’an passé au mois d’août, ils ont fait de l’exploration à quelques mètres de la fenêtre de ma cuisine. J’ai connu ma part de vibration sismique » souligne celle qui s’est impliquée depuis dans le comité de citoyens de Saint-Mathias-sur-Richelieu. « Il n’y a pas une redevance qui va nous rendre notre eau pure et nos terres agricoles », rajoute Mme Perreault.

Le marionnettiste Colin Saint-Cyr Duhamel, qui a fabriqué un dragon géant qui serpentait au travers de la foule, a participé à une marche de 33 jours et de 666 kilomètres entre Rimouski et Montréal. « Si j’ai fait la marche moratoire d'une génération, c’est pour dénoncer la corruption et le danger pour l’environnement de l’exploitation des gaz de schiste », affirme ce dernier.

Plusieurs personnalités publiques

L’environnementaliste Daniel Breton a tenu un discours très dur à l’endroit du gouvernement Charest. « C’est une complicité de vol de nos ressources naturelles. C’est à nous de décider, c’est à nous de tenir le débat », affirme le cofondateur du Parti vert du Québec.

Plusieurs personnalités publiques, dont le sculpteur Armand Vaillancourt, l’ex-syndicaliste Gérald Larose et le chanteur Paul Piché étaient de la partie. « Si un jour, c’est démontré à 100 % qu’il n’y a pas de danger, alors faisons-le nous-mêmes. Exploitons la ressource en notre nom », lance Dan Bigras, qui était aussi sur place.

Signe du temps, lorsque les chefs de partis Pauline Marois et Amir Khadir ont été présentés à la foule, la première a eu droit à quelques applaudissements polis alors que le deuxième a eu droit à un tonnerre d’approbation.

« Nous, au Parti Québécois, on veut réformer le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement [BAPE] pour que son mandat soit plus large. Il aurait fallu que le BAPE ait le mandat élargi d’analyser l’ensemble cumulatif des permis d’exploration du gaz de schiste, et non pas chacun des projets séparément », soutient la chef du Parti québécois.

Partis des bureaux d'Hydro-Québec, au coin du boulevard René-Lévesque et de la rue Saint-Urbain, les manifestants se sont rendus aux bureaux du premier ministre Jean Charest.

 
 

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