24 HEURES - Le samedi 24 juin 2017

Durcissement des lois pénales dès le début juin

25/05/2011 12h44 

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.
Photos: archives 24H
Huit projets de loi visant à renforcer le système correctionnel canadien devraient être déposés par le gouvernement Harper au cours de la semaine du 5 juin, a révélé au Journal 24H le sénateur Pierre-Hugues Boivenu.

Ces modifications au Code criminel concernent, entre autres, les jeunes contrevenants qui pourraient être dorénavant jugés devant des tribunaux pour adultes dans les cas de crimes sévères avec la Loi de Sébastien – Protection du public contre les jeunes contrevenants (C-4).

Le projet omnibus réserve aussi des peines plus sévères pour les crimes à caractère sexuel et contre les enfants en resserrant les conditions de mise en liberté (C-39) et en abolissant la détention à domicile (sursis) dans les cas de crimes graves (C-16).

Harper prévoit également instaurer la Loi sur le transfert international des délinquants (C-5), lutter contre le terrorisme (C-17), améliorer l’accès aux outils d’enquête sur les crimes graves (C-50) et sur les technologies du 21e siècle (C-51).

Par ailleurs, il serait désormais impossible pour les récidivistes de faire une demande de pardon après avoir commis un troisième crime avec la loi C-23-B.

M. Boisvenu rappelle que 20% des criminels commettent 70% des méfaits et qu’il faut « s’attaquer à ces criminels endurcis ».

« Ces lois visent à réduire le taux de récidive qui est inadmissible. En plus, ça coûte une fortune de réincarcérer ces criminels », affirme-t-il.

Le sénateur, qui a aussi fondé l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues à la suite du meurtre de sa fille Julie, pense que « les règles doivent être plus sévères et la participation aux programmes de réhabilitation, plus efficace ».

Des lois « basées sur la punition »

Estelle Drouvin, directrice du Centre de services de justice réparatrice, qui offre des activités de réhabilitation, estime quant à elle qu’il sera encore plus difficile pour les criminels de « changer leurs comportements ».

« Ils ne seront plus capables parce qu’ils entretiendront une haine profonde en eux. Leur réintégration sera aussi hypothéquée », juge-t-elle.

Concernant les droits des victimes, Mme Drouvin prétend que celles-ci « s’attendent à ce que le détenu change de comportement et qu’il ne récidivera pas » et qu’une « ligne de conduite basée sur la punition ne permettra pas d’en arriver là ».

Le premier ministre Stephen Harper s’était engagé à déposer une série de mesures législatives à ce sujet dans les 100 jours qui suivraient la réélection de son gouvernement.

Ottawa devra d’ailleurs injecter 2 milliards $ dans le système correctionnel afin de construire ou agrandir des pénitenciers et pour embaucher jusqu'à 4 000 employés additionnels.

josianne.desjardins@24-heures.ca

 
 

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