24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Laval : le Berger Blanc suscite la grogne

30/04/2011 16h14 

Près d'une centaine de manifestants ont protesté contre l'inaction de la Ville de Laval dans le dossier concernant le Berger Blanc.
Photo: Agence QMI
Près d’une centaine de manifestants ont pris l’Hôtel de Ville de Laval d’assaut, samedi midi, pour dénoncer l’inaction de la Ville à la suite du reportage concernant les méthodes utilisées par le refuge pour animaux Le Berger Blanc.

L’initiatrice de ce mouvement de protestation, Krystel Daoust, a réussi à faire déplacer au moins 80 Lavallois en colère pour la cause.

« Nous avons eu plus de gens que je ne le croyais. Certains membres du parti Mouvement lavallois étaient présents et ont pris la parole au micro. Robert Bordeleau, candidat à la marie lors des dernières élections municipales, était aussi présent », explique-t-elle.

Armés de pancartes réclamant de différentes façons la fermeture de la succursale de Laval, les manifestants ont occupé pendant près de deux heures le trottoir situé en face de l’Hôtel de Ville, sous surveillance policière.

Le combat continue

La Ville de Laval préfère attendre des explications avant de décider de suspendre ou de résilier le contrat les liant au Berger Blanc, qui vient d’ailleurs à échéance le 31 mai.

D’ici là, plusieurs citoyens entendent demander des comptes à l’administration et au maire, Gilles Vaillancourt. « Beaucoup de gens se présenteront au conseil municipal le 2 mai pour poser des questions », mentionne Mme Daoust.

« Si rien n’est fait d’ici à la fin mai, c’est certain que j’organiserai d’autres manifestations », ajoute Mme Daoust, qui a elle-même eu quelques démêlés avec l’entreprise dans le passé.

L’opposition se questionne

La chef du Mouvement lavallois, Lydia Aboulian, croit pour sa part que la Ville devrait agir immédiatement, comme ce fut le cas à Boucherville, où le contrat a été suspendu pour une durée indéterminée.

« Quelle est la vraie raison? Qu’est-ce que le maire a à perdre? Nous sommes en droit de nous questionner sur les réels intérêts entre le maire Vaillancourt et le Berger Blanc », s’indigne-t-elle.

Le Berger Blanc, importante fourrière privée au Canada opérant dans plusieurs villes du Québec, a été plongé dans la tourmente il y a une dizaine de jours à la suite d’un reportage diffusé par l’équipe de l’émission Enquête à Radio-Canada.

On révélait que l’entreprise utiliserait des « méthodes cruelles » lorsque vient le temps de procéder à l’euthanasie d’un animal. En plus d’être exécutées sans supervision vétérinaire, les injections sont faites à froid et les animaux ne meurent pas toujours sur le coup.

À Montréal, une dizaine d’arrondissements ont une entente avec le Berger Blanc. L’administration compte enquêter avant d’entreprendre quelque mesure que ce soit.

jeanmarc.gilbert@24-heures.ca

 
 

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