24 HEURES - Le mardi 18 décembre 2018

Boutique Le Marcheur : le PAJU poursuivra ses actions

23/01/2011 17h32 

Le propriétaire de la boutique Le Marcheur, Yves Archambault, voit des manifestants tous les samedis, depuis maintenant quatre mois, devant son commerce.
Photo : Sébastien St-Jean
Malgré la vague de protestations qui déferle contre elle, l’association Palestiniens et Juifs Unis (PAJU), qui manifeste chaque samedi depuis quatre mois devant la boutique Le Marcheur de la rue Saint-Denis où sont vendues des chaussures fabriquées en Israël, n’a aucunement l’intention de mettre un terme à ses actions.

« La manifestation de samedi dernier n’est qu’un aperçu de la phase deux de notre campagne sur Saint-Denis », avertit Sabine Friesinger, porte-parole du PAJU. « Nous continuerons dans la même lignée », ajoute-t-elle, sans donner davantage de précisions.

Interrogée à plusieurs reprises dimanche par 24H, au sujet des agissements de son groupe, la porte-parole a choisi de répondre par le sarcasme pour justifier les gestes des manifestants.

« Nous avons entendu les politiciens, ils ont raison. Nous avons fait une erreur. Prônons désormais le commerce israélien et continuons d’appuyer l’Apartheid de l’état d’Israël. C’est vrai que les droits des 1,7 millions qui vivent sur la bande de Gaza ne valent pas autant qu’une paire de souliers », tranche-t-elle.

Québec solidaire doit intervenir

Signe de l’ampleur de la controverse dans cette affaire, une « contre-manifestation » avait été organisée samedi, pour soutenir le commerçant.

Le co-fondateur de l’association Réseau Liberté-Québec, Eric Duhaime, qui faisait partie des défenseurs du commerçant, pointe du doigt la responsabilité de Québec-Solidaire. « Les leaders de ce parti doivent rappeler leurs brebis à l’ordre ».

En effet, l’histoire a commencé à être médiatisée lorsque le 11 décembre dernier, le député du parti Québec-Solidaire, Amir Khadir, a pris part aux manifestations anti-israéliennes.

Depuis, la co-leader du parti, Françoise David, a déclaré que l’incident était clos en reconnaissant sur LCN que « Amir Khadir a mis les pieds à un endroit où il n'aurait peut-être pas dû les mettre, parce qu'il n'avait pas tout à fait saisi la stratégie. Il explique régulièrement depuis ce temps-là que selon lui, oui on doit boycotter des produits israéliens, mais pas des commerçants.»

Mais d’après M. Duhaime, qui a pris part à la contre-manifestation en soutien à Yves Archambault, Québec-Solidaire ne peut pas se laver les mains aussi facilement. « Il y a beaucoup de manifestants qui portent l’écusson du parti. M. Khadir et Mme David ont un rôle de leadership, ils ne doivent pas laisser les gens s’acharner contre ce commerçant. »

Une campagne contre un « honnête homme »

Eric Duhaime soulève également le fait que le boycott a lieu contre un commerçant ciblé et non contre la commercialisation de produits Israéliens, en mentionnant notamment le message inscrit sur les tracts distribués par les manifestants : « Boycottons la boutique Le Marcheur ».

« Yves Archambault est un honnête commerçant qui a pignon sur rue depuis 25 ans. En plus, il est complètement apolitique et n’a évidemment aucun impact sur ce qu’il se passe en Israël », explique-t-il.

Pour l’instant, la police n’est pas intervenue lors des controversées manifestations, alléguant que « tant qu’ils ne contreviennent à aucune loi, ils ont le droit de manifester ».

 
 

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