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Abeilles en ville
09/08/2010 17h46

- Selon la Fédération des apiculteurs du Québec, l’élevage d’abeilles en ville est une bonne occasion pour découvrir une nouvelle variété de miel et pour améliorer la cohabitation pacifique entre les abeilles et les hommes.
- Photo : Henri Michaud
Le Collectif de recherche en aménagement paysager et en agriculture urbaine durable (CRAPAUD) œuvrant à l’UQAM aimerait installer quatre à six ruches sur le toit de la bibliothèque des sciences de l’Université cet automne après vérification des contentieux juridiques.
« Les abeilles sont des sentinelles de l’environnement étant de grands pollinisateurs », affirme Jean-Philippe Vermette, fondateur de CRAPAUD. « Ces animaux représentent un bon indicateur pour savoir si un milieu est sain ou pas ». Selon lui, en plus d’avoir du miel, la présence de ruches en ville seraient très intéressante d’un point de vue environnemental et scientifique afin d’étudier les abeilles dans un contexte urbain.
Rappelons que dans le cadre d’un projet pilote d’agriculture urbaine qui sera lancé l’année prochaine, le Plateau-Mont-Royal, en collaboration avec l’Union paysanne, souhaite installer deux à six ruches sur son territoire. L’arrondissement pense à les installer sur ses toits municipaux.
Pour le moment, aucun quartier se dit intéresser à ce projet n’ayant pas eu de demande de la population, mais Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce compte, pour sa part, suivre avec attention l’initiative du Plateau et étudier les impacts concrets que pourrait avoir des ruches d’abeilles sur son territoire.
Un meilleur miel en ville?
« Je préfère avoir mes abeilles en ville. Les conditions sont clairement meilleures en ville ayant moins de zones végétales contaminées par des pesticides », soutient Marc Lucas, apiculteur au Rucher Turlu, qui a aménagé les quatre ruches sur le toit du Château Frontenac à Québec. « Personne ne peut battre les agriculteurs en campagne en terme de pollution », ajoute-t-il.
De plus, M. Lucas précise qu’en métropole, contrairement à la production de miel en campagne, ses miellées sont continues de juin à mi-septembre grâce à la variété végétale qui y est présente. « En milieu agricole, je produis en fonction des actions des agriculteurs. Lorsqu’ils tondent leur champ, la production de miel chute. Ce problème n’existe pas en zone urbaine. »
Danger ou cohabitation pacifique
Sylvie Boulanger, secrétaire de la Fédération des apiculteurs du Québec, croit que l’élevage d’abeilles en ville est une bonne occasion pour découvrir une nouvelle variété de miel et pour améliorer la cohabitation pacifique entre abeilles et les hommes.
« Les gens doivent cesser d’avoir peur. Les chances de se faire piquer par une abeille sont rares, à moins de se coucher dans une plate-bande de fleurs », soutient Mme Boulanger. L’abeille n’adopte pas le même comportement social que la guêpe. Contrairement à celle-ci, elle pique seulement si elle est agressée.
Elle souligne également que n’importe qui peut devenir apiculteur. « Il suffit de bien se renseigner et de suivre un cours d’appoint. »
Jocelyn Marceau, expert en pollinisation et ingénieur au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, rappelle, quant à lui, que l’élevage d’abeilles en ville est « délicat » et qu’il ne faut pas oublier qu’il y a beaucoup de personnes allergiques aux piqûres d’abeilles. Selon lui, un nombre restreint de ruches en métropole peut ne pas causer de problème, mais il ne faudrait pas que cela devienne la « cacophonie ».
M. Lucas croit, pour sa part, que « 15 ruches dans un périmètre de trois kilomètres carrés n’engendreraient aucun problème.
Selon l’Institut de la statistique du Québec, on comptait environ 266 apiculteurs pour un total d’environ 35 545 ruches au Québec, en 2006.
dominique.david@24-heures.ca
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