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«Séjour santé enfants Tchernobyl»: Viktoryia retourne chez elle

07/08/2010 19h15 

Des jeunes enfants de Tchernobyl en Biélorussie sont à l'aéroport de Québec, samedi le 7 août 2010, prêts à repartir chez eux après avoir passé 8 semaines au Québec loin des radiations.
Photo: Agence QMI
Après huit semaines passées dans la grande région de Québec à profiter d’un séjour santé loin des radiations nucléaires, la petite Viktoryia, neuf ans, et ses amis originaires du Bélarus retournent à la maison.

Ils étaient une douzaine de petits, âgés de quelques années, à patienter sagement à l’aéroport international Jean-Lesage, samedi après-midi, pour prendre l’avion qui les ramènera jusqu’à leurs familles.

Les jeunes prenaient part au « Séjour santé enfants Tchernobyl », qui œuvre depuis près de dix ans au Québec afin d’accueillir chaque été des enfants du Bélarus victimes au quotidien des conséquences de la tragédie de Tchernobyl. Cette tragédie est attribuable à la fonte du réacteur nucléaire de la centrale locale, survenue en 1986.

« Il y a encore des radiations dans l’air. Tout est contaminé là-bas. Quand les enfants viennent au Québec, ça fait baisser leur taux de radiation de moitié dans le corps. Notre air est pur, la nourriture est pure, alors que là-bas, tout est contaminé », explique Kathy Quinaux, présidente du l’organisme à but non lucratif, qui accueille elle-même des enfants depuis quatre ans.

Pour les familles québécoises autant que pour les enfants accueillis, l’expérience se veut riche sur le plan culturel. « Ça nous apporte beaucoup et j’imagine qu’on lui apporte beaucoup aussi. On s’ouvre sur le monde. On a vraiment vécu de belles expériences avec elle », avance Anne Tsujimoto, qui accueille chez elle, à Saint-Hyacinthe, depuis deux ans la petite Viktoryia.

La barrière de la langue vient apporter un nouveau défi aux familles. Si les enfants, qui parlent russe, comprennent assez rapidement le français, il en est autrement quand vient le temps de s’exprimer. « Juste pour dire une petite chose, il faut qu’elle explique longtemps! », rigole-t-elle.

Comme tous les autres parents volontaires, Anne Tsujimoto assume elle-même tous les frais reliés à la venue de sa protégée. Chaque famille doit payer pour le voyage de l’enfant, ses assurances, son visa, ce qui représente de 1 500 $ à 1 700 $.

« On leur fournit le gîte et la nourriture. On s’en occupe comme si c’étaient nos enfants. Ça nous fait plaisir. On a un sentiment d’aider les autres, d’offrir quelque chose qu’elle n’a pas là-bas », justifie-t-elle.

La générosité est telle que cette maman de trois enfants a dû changer de voiture cet été, afin de pouvoir transporter toute la petite famille dans le même véhicule.

 
 

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