24 HEURES - Le mardi 18 décembre 2018

Importation de drogue

Le rappeur KC LMNOP au banc des accusés

21/06/2010 13h56 

KC LMNOP, dont le vrai nom est Claude-François Simard, est passible d’un maximum de trois ans de prison.
Photo: Luc Cinq-Mars
Le procès de Claude-François Simard, accusé d’importation de drogue, s’est ouvert ce lundi au Palais de justice de Montréal. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais il y a cependant fort à parier que vous avez déjà entendu parler de lui à l’époque où il faisait dans le hip-hop sous le nom de KC LMNOP.

Simard, qui a fêté son 40e anniversaire le 8 juin dernier, se serait rendu en Inde en 2004 pour y acheter de la kétamine, une substance s’apparentant au PCP qui est normalement utilisée par des vétérinaires en guise de médicament pour chevaux. « La kétamine peut notamment être utilisée dans le GHB, soit la drogue du viol, et dans l’ecstasy », explique le procureur de la Couronne, Me Thierry Nadon.

Il aurait ensuite fait livrer 46 caisses de ce produit chez lui, via l’entreprise de messagerie UPS. Chacune d’elle contenait 24 fioles de 10 ml chacune, pour un total de 11 litres de kétamine. Ce sont des inspecteurs de l’Agence des services frontaliers du Canada qui ont découvert le produit en fouillant les caisses à leur arrivée au pays.

Selon le bon de commande, il s’agissait d’une cargaison de gouttes pour les yeux, payée au montant de 20 900 roupies indiennes par caisse, pour un total équivalant à un peu moins de 21 500$ CAD.

Une perquisition menée au domicile de Simard, à Greenfield Park, a ensuite permis de découvrir des documents le reliant à cette transaction. L’accusé a été intercepté au volant de son véhicule sur le pont Champlain quelques instants plus tard.

Le procès, présidé par le juge Denis Lavergne de la Cour du Québec, est prévu pour durer trois jours. Si l’affaire remonte à plus de six ans, l’enquête préliminaire au terme de laquelle Simard a été cité à procès ne s’est tenue qu’en 2008. C’est que l’accusé a maintes fois demandé au tribunal de changer d’avocat tout au long des procédures. En bout de ligne, il a choisi de se défendre seul.

S’il est reconnu coupable, Simard est passible d’un maximum de trois ans de prison. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il se retrouve devant le tribunal, alors qu’un juge l’avait condamné à purger 54 mois de pénitencier pour agression sexuelle grave en 1998.

Simard s’est fait connaître au début des années 1990 lorsqu’il animait l’émission Rap Cité sur les ondes de MusiquePlus. Sa carrière musicale, quoique brève, aura été marquée par l’enregistrement de la chanson Ta yeule ! (Vis ta vie pis reste en vie), tirée de l’album du même nom.

jeanphilippe.arcand@24-heures.ca

 
 

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