24 HEURES - Le vendredi 10 février 2012

Protection du mont Royal

Marianopolis: la Ville refuse le projet résidentiel

20/05/2010 17h30 - Mise à jour 20/05/2010 17h40

Le promoteur avait payé 46 millions $ pour l’achat du terrain, en 2008, et prévoyait la construction de 325 unités de logements dans divers édifices de part et d’autre du bâtiment principal du collège.
Photo: Ville de Montréal
La ville de Montréal refuse le projet du promoteur Cato, qui voulait transformer le site du collège Marianopolis en un complexe résidentiel sur les flancs du mont Royal. Le concepteur du projet se dit « déçu » et s’attend maintenant à être exproprié d’une partie du terrain.

Jeudi matin, le maire Gérald Tremblay a expliqué qu’aucune nouvelle construction ne pourrait voir le jour sur le terrain de l’ancien séminaire des prêtres sulpiciens, pour « préserver le caractère institutionnel de la montagne ».

Par contre, le zonage du terrain change d’institutionnel à résidentiel, ce qui permettra au promoteur d’y construire des habitations. Le bâtiment principal du collège pourra aussi être transformé s’il conserve la même enveloppe extérieure, et l’édifice de la piscine pourra être reconstruit en un bâtiment de même volume.

« L’Office de consultation publique de Montréal avait émis de sérieuses réserves sur le projet. J’ai décidé d’aller encore plus loin », a résumé le maire.

Éventuellement, la Ville veut changer le plan d’urbanisme pour que la même règle s’applique à l’ensemble des terrains du mont Royal.

Promoteur déçu

Claude Marcotte, associé principal du groupe DAA/IBI, qui a conçu le projet, est déçu. Le promoteur avait payé 46 millions $ pour l’achat du terrain, en 2008, et prévoyait la construction de 325 unités de logements dans divers édifices de part et d’autre du bâtiment principal du collège.

« Que la Ville décide de couper de 50% les plans de développement du terrain, c’est décevant », admet-il en entrevue à 24H.

« Dans nos plans, 85% du site était gardé vert, et nous aurions aménagé une série de sentiers donnés en servitude à la Ville pour permettre au public d’accéder au mont Royal », rappelle-t-il.

Le représentant du promoteur croit maintenant que la Ville va se porter acquéreur des parcelles est et ouest du terrain.

Projet Montréal satisfait

Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, a accueilli avec soulagement l’annonce du maire, jeudi. Il militait depuis trois ans pour que le site du collège Marianopolis conserve son aspect actuel.

« C’est un grand moment pour la protection de la montagne. La nouvelle approche, c’est qu’on ne sort plus des volumes construits actuels »,a expliqué celui qui est aussi responsable de l’aménagement urbain au Comité exécutif.

Il a confirmé que pour que cette nouvelle « doctrine » s’applique à l’ensemble des sites patrimoniaux à Montréal, il faudrait « un nouveaux plan d’urbanisme ».

jeanlouis.fortin@24-heures.ca

 
 

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