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Au Québec
85% des profs victimes de violence
12/05/2010 16h28 - Mise à jour 12/05/2010 16h37

- 74% des professeurs seraient confrontés à des propos méprisants selon une étude présentée mercredi par la Fédération autonome de l'enseignement.
- Photo: archives 24H
Le syndicat a dévoilé mercredi les résultats d’un sondage réalisé mars dernier par la firme de sondage Léger Marketing.
On y a apprend autre autres que 74% des professeurs sont confrontés à des propos méprisants, que 25% du corps enseignant subit du harcèlement et que 35% seraient aussi victimes de menaces d’agression physique et ce, malgré que le ministère de l’Éducation ait implanté un plan d’action pour prévenir la violence à l’école en 2008.
« En 2008, nous avions émis de sérieuses réserves quant au plan ministériel et sur le fait que le ministère négligeait les mesures d'intervention directes auprès des élèves. Il est déplorable de constater que malgré ce sérieux avertissement, rien n'a été fait pour améliorer les conditions d'exercice dans lesquelles œuvrent les enseignantes et enseignants et leur assurer un cadre sécuritaire de travail », déplore Pierre St-Germain, président de la FAE.
45% des profs désirent quitter la profession
Les enseignants seraient donc au bout de rouleau : 60 % d'entre eux présenteraient en effet des symptômes d'épuisement professionnel au moins une fois par mois. De plus, 45% des enseignants victimes de violence envisageraient de quitter la profession.
« On nous reproche souvent d'être alarmistes lorsque nous dénonçons les conditions difficiles dans lesquelles doit évoluer quotidiennement le personnel enseignant. Or, on le constate, les moyens pour prévenir et contrer la violence à l'école ne sont pas au rendez-vous. La violence sous toutes ses formes demeure inadmissible. Ce message doit être véhiculé partout en société, mais doit aussi être bien compris par les directions d'établissement », précise aussi M. St-Germain.
« Dur constat » pour les directions d’école
Appelée à réagir, la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE), Chantal Longpré, a qualifié l’étude commandée par la FAE de « dur constat ».
« Les directeurs d’école reconnaissent cette violence car ils la voient quotidiennement. On a du travail à faire, comme directeurs d’établissement, mais une réflexion de société s’impose aussi. Toutefois, les profs ne doivent pas hésiter à parler de ces situations à leur directeur », a-t-elle rappelé.
Tamara Davis, l’attachée de presse de la ministre de l’Éducation Michelle Courchesne, a pour sa part renvoyé la balle aux commissions scolaires qui, affirme-t-elle, «sont responsables de mettre sur le pied leur propre plan de lutte à la violence», le plan gouvernemental ne faisant office que de "support.
De son côté, la FAE compte lancer une campagne l’automne prochain pour sensibiliser les élèves à cette réalité.
sarahmaude.lefebvre@24-heures.ca
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