24 HEURES - Le samedi 20 octobre 2018

Des étudiants de Polytechnique témoignent à Ottawa

Pour le maintien du registre des armes à feu

06/05/2010 21h39 - Mise à jour 06/05/2010 22h02

« C’est simple, depuis que le registre est en place, les décès par armes à feu sont en baisse et maintenant, le gouvernement conservateur veut le démolir. » - Heidi Rathjen
Photo: archives Agence QMI
Vingt et un ans après la tuerie qui a coûté la vie à 14 de leurs pairs, une quinzaine de représentants des étudiants et des diplômés de la Polytechnique de Montréal se sont rendu à Ottawa pour témoigner contre le projet de loi C-391 proposant une modification importante du registre des armes à feu.

Les étudiants ont réclamé le maintien du registre devant le Comité permanent de la sécurité publique et nationale (SECU), qui étudie actuellement le dossier.

Avant le témoignage, ils se sont rassemblés pour tenir une minute de silence devant le Parlement où ils ont été rejoints par différentes personnalités politiques, dont les chefs du Parti libéral du Canada et du Bloc québécois, Michael Ignatieff et Gilles Duceppe. Ces derniers affirment vouloir le maintien intégral du registre des armes à feu.

Heidi Rathjen, présidente du Comité des étudiants pour le contrôle des armes et diplômée de Polytechnique en 1990, affirme que le registre des armes à feu, créé en 1995, est « menacé » par le projet de loi C-391.

Le projet de loi C-391 des Conservateurs vise à abolir l'enregistrement obligatoire des armes à feu longues ou d'épaule et suscite de vives discussions à Ottawa.

« Il faut rappeler aux politiciens que toutes les armes sont dangereuses, incluant les armes d’épaules, explique-t-elle. Le registre des armes est nécessaire et efficace ».

Marc Lépine, à Polytechnique en 1989, et Kimveer Gill, au collège Dawson en 2006, ont utilisé des armes d’épaule pour semer la terreur et la mort, avant de s’enlever la vie.

Elle explique qu’il y a environ 7,5 millions d’armes dans le registre, dont 90 % de celles-ci sont des armes d’épaule. « Les armes d’épaule sont celles qui tuent le plus de policiers, sont les plus utilisées dans les drames familiaux et sont les plus utilisées lors de suicides par balle », a-t-elle dit devant le SECU.

« C’est simple, depuis que le registre est en place, les décès par armes à feu sont en baisse et maintenant, le gouvernement conservateur veut le démolir, » déplore Mme Rathjen.

Une survivante

Nathalie Provost était sur place lors de la tragique journée du 6 décembre 1989, à la Polytechnique de Montréal. Elle se trouvait sur le parcours de Lépine et a été blessée par celui-ci.

« Ça me choque profondément qu’on parle de modifier le registre. Je peux comprendre qu’on veuille l’actualiser, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain », s’indigne-t-elle.

Selon elle, le projet de loi C-391 est défaillant puisqu’il ne permettrait plus aux policiers d’avoir accès à une grande partie du registre des armes à feu. Elle avance d’ailleurs que les policiers du pays consultent celui-ci environ 10 000 fois par jour et qu’il s’avère fort utile pour être en mesure de réagir efficacement lors d’opérations policières.

Nathalie Provost a néanmoins l’impression qu’elle et ses collègues ont réussi à toucher les membres du SECU avec leurs témoignages et est sûre que leur message sera entendu.

jeanfrancois.villeneuve@24-heures.ca

 
 

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