24 HEURES - Le vendredi 10 février 2012

Industrie du recyclage

La récession, une occasion pour progresser

21/04/2010 18h54 

La récente crise économique a affecté de nombreux secteurs d’activités et l’industrie du recyclage n’y a pas échappé, bien qu’elle ait réussi à maintenir sa barque à flot pendant la tempête.

La récession a en effet été à l’origine d’un effondrement du prix des matières premières, qui a du même coup affecté la valeur des matières recyclables. Une situation qui s’est avérée un véritable casse-tête, notamment pour les centres de tri qui avaient de la difficulté à écouler leur marchandise.

« Une baisse de la consommation provoque une baisse de la demande. Alors, le prix de la ressource chute puisque l’offre augmente », explique Erwanne Plisson, porte-parole chez Recyc-Québec, qui précise que la majorité des entreprises sont néanmoins parvenues à garder la tête hors de l’eau.

La réalité économique a contraint l’industrie à revoir ses façons de faire. Ce fut le cas chez FCM Recyclage, spécialisé dans la récupération des produits électroniques. « Quand les prix de l’or, du cuivre et des autres métaux ont baissé, notre marge de profit a également chuté. Nous avons donc commencé à facturer nos clients pour la récupération des claviers, souris et autres matières plastiques, choses que nous ne faisions pas avant », cite en exemple Denis Daigle, de la division Ventes et achats.

Du positif dans le négatif

Le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, Karel Ménard, considère également que les jours sombres sont déjà chose du passé puisque « la plupart des centres de tri ont fait des profits l’année dernière ».

Et il semble que du positif a émané de ces temps durs. « Oui, il y a eu des mises à pied et un certain ralentissement au creux de la crise, mais il n’y a pas eu uniquement des impacts négatifs. Ce fut aussi une impulsion pour repenser la façon de faire la collecte des matières », lance M. Ménard.

Ce dernier évoque toutefois un précédent, survenu pendant la période basse, qui pourrait avoir des incidences fâcheuses s’il devenait monnaie courante. « Le gouvernement a donné l’autorisation de brûler du papier et du plastique à une cimenterie de Joliette. Ils appellent ça de la valorisation énergétique. Nous, on estime que c’est de l’incinération déguisée », martèle celui qui craint que pareil procédé devienne la norme lorsque le prix des matières premières est à la baisse. « Quand on commence, on y prend goût facilement ».

 
 

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