24 HEURES - Le vendredi 10 février 2012

Une place pour la santé dans les rues de Montréal

06/04/2010 18h16 

Rendre une partie de la rue Sainte-Catherine piétonnière est un bon exemple des mesures prises par Montréal.
Photo : archives 24H
Selon la direction de la santé publique de Montréal (DSP), la métropole est sur la bonne voie dans ses gestes posés en faveur de la santé de ses citoyens et accentue même ses actions en ce sens.

Rues piétonnes, initiatives de transport en commun, augmentation des espaces verts ; les initiatives de l’administration en place son encourageantes, estime le responsable de la section Environnement urbain et santé à la DSP, Norman King, dans le cadre de la Journée mondiale de la santé, mercredi.

Alors que l’état des villes constitue le point de mire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la DPS se dit de plus en plus sollicitée dans son expertise pour l’élaboration de nouveaux projets d’urbanisme afin de mettre en place des infrastructures qui favorisent la santé des citoyens.

« À l’époque, on vivait dans le royaume de l’ingénieur et de l’urbaniste. Depuis deux ou trois ans, on reconnaît la contribution de la santé publique. Nous sommes de plus en plus sollicités », avance M. King, qui considère la DPS comme un acteur majeur de la plupart des audiences publiques.

Ce dernier croit que c’est la progression de la place du réseau de santé au cours de la dernière décennie qui a mené à cette hausse puisque les éléments qui y sont reliés doivent être pris en considération dans le développement urbain.

Le secrétaire général de l’Office de consultation publique de Montréal, Luc Doray, confirme que la présence d’experts de la santé s’est accrue au cours des deux dernières années. « C’est une préoccupation qui prend de plus en plus de place », observe-t-il.

Transport : enjeu majeur

Selon M. King, le transport ainsi que l’aménagement des artères principales et des autoroutes constituent les secteurs où les gestes sont à privilégier, une avenue que la Ville de Montréal a comprise, assure-t-il.

Avec le plan de transport instauré en 2008, plusieurs améliorations sont à prévoir en ce qui a trait à la pollution et à la dépendance à la voiture, dernière problématique directement liée à la sédentarité et au surpoids.

« En favorisant le transport en commun, on permet à ses utilisateurs d’être minimalement actifs en marchant environ une vingtaine de minutes par jour. On réduit ainsi les risques d’obésité », souligne-t-il.

L’espace réservé aux piétons sur les rues Sainte-Catherine et Saint-Paul représentent également une autre formule gagnante, qui « mériterait d’être exploitée » davantage, indique-t-il.

D’après lui, il faudrait aussi privilégier les mesures permettant « d’apaiser la circulation », en élargissant notamment les coins de trottoirs. « Les voitures ralentissent pour effectuer le virage et les piétons ont moins de rues à traverser », explique-t-il.

L’OMS attribue à l’urbanisation de nombreux problèmes sanitaires comme la pollution de l’eau et de l’environnement, et à plusieurs facteurs de risque pour la santé tels que la sédentarité.

En 2007, 50 % de la population mondiale habitait dans les villes. Cette proportion dépassera 80 % d’ici 2025.

stephanie.saucier@24-heures.ca

 
 

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