24 HEURES - Le jeudi 9 février 2012

À la veille du budget provincial

L'Accueil Bonneau lance un cri d'alarme

29/03/2010 18h14 

À l’aube du dépôt du budget provincial, l’Accueil Bonneau lance un cri d’alarme et somme le gouvernement provincial de lui verser 800 000$ d’ici 2013, sinon la clientèle démunie pourrait en payer le prix.

Cette somme proviendrait du plan d’action interministériel en itinérance, dont l’enveloppe est de 14M$ pour 2010-2013.

C’est que l’Accueil Bonneau a besoin d’argent pour poursuivre sa mission. Uniquement pour 2010, l’organisme estime qu’une contribution de 500 000$ de l’Agence de la santé et des services sociaux est nécessaire pour lui permettre de boucler son budget.

« Nous comptons sur cet argent pour éviter d’interrompre certains services, notamment en psychosociale», plaide Aubin Boudreau, directeur général de l’Accueil Bonneau.

Aux prises avec un sous financement chronique, l’établissement a enregistré un déficit de 350 000$ l’an dernier.

Pour l’éponger, le centre estime que la participation financière de l’agence devrait représenter au moins 33% de son budget annuel de 2,3 M$ et non pas 6% comme c’est le cas actuellement.

Désinstitutionnalisation

Si l’aide gouvernementale n’est pas rehaussée, M. Boudreau craint de devoir couper dans les services d’encadrement et d'intervention psychosociale. « L’accompagnement psychosocial est primordial pour le maintien au logement des gens dans la rue et leur intégration sociale », explique M. Boudreau en ajoutant que priver ces personnes de ces services d’encadrement risquent de les ramener tôt ou tard dans la rue.

Rien de rassurant puisque le problème de l'itinérance est davantage complexe et le visage de la pauvreté est de plus en plus jeune.

La désinstitutionnalisation a augmenté la clientèle de l'Accueil Bonneau. « Le rôle de l’équipe de professionnels formés a donc sa raison d’être plus que jamais ».

133 ans

Fondée en 1877, l’Accueil Bonneau, qui a pignon sur rue de la Commune, compte sur l’aide de 225 bénévoles dévoués pour servir annuellement 320 000 repas, administrer 165 chambres réparties dans quatre maisons de logements, distribuer chaque année plus de 60 000 vêtements, chaussures et articles de première nécessité comme des draps, du dentifrice et des professionnels offrent des services de coiffure deux fois par semaine et de soins pour les pieds un samedi par mois aux sans-abri de Montréal.

Rappelons que le plan d'action 2010-2013 en itinérance a été dévoilé en décembre dernier par le gouvernement libéral. Un document de 50 pages qui propose 70 actions qui seront réalisées sur trois ans par une dizaine de ministères et organismes publics.

Stephane.tremblay@24-heures.ca

 
 

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