24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Enquête Villanueva

La démonstration du mécanisme de sécurité de l'étui mise sur la glace

09/03/2010 13h46 - Mise à jour 09/03/2010 17h06

Estimant que les réponses de Jean-Loup Lapointe à cet effet sont « suffisantes », le coroner André Perreault a refusé lundi qu’on lui démontre le fonctionnement du dispositif de sécurité de l’étui de l’arme à feu des policiers.
Photo d'archives
Estimant que les réponses de Jean-Loup Lapointe à cet effet sont « suffisantes », le coroner André Perreault a refusé mardi qu’on lui démontre le fonctionnement du dispositif de sécurité de l’étui de l’arme à feu des policiers qui étaient présents lors de la mort de Fredy Villanueva, le 9 août 2008 à Montréal-Nord.

Lors de la dernière journée d’audience de l’enquête sur les circonstances entourant les événements ayant mené à la mort du jeune homme, un avocat représentant deux témoins de l’incident, Me Jacky-Éric Salvant, avait demandé à ce qu’on tienne une telle démonstration.

Me Salvant remettait en question la version de l’agent Lapointe, qui avait déclaré qu’il avait dégainé son arme parce qu’il craignait pour sa vie, ajoutant que le dispositif n’est « pas infaillible ».

Selon l’avocat, le policier n’avait pas lieu d’avoir peur de mourir puisque les jeunes l’ayant attaqué auraient difficilement pu saisir son arme à feu parce qu’ils ignoraient comment venir à bout du mécanisme de sûreté.

« Les réponses du témoin (Lapointe) me suffisent. Il n’y a pas lieu de trancher la question pour le moment », a expliqué le coroner Perreault, mettant ainsi abruptement fin au contre-interrogatoire de Me Salvant.

Le coroner a cependant évoqué la possibilité d’organiser la démonstration en présence d’un témoin-expert sur le sujet.

Rappelons que lorsque l’idée a été proposée, plusieurs, dont le coroner Perreault lui-même, s’étaient montrés inquiets de voir les informations concernant la marche à suivre pour désarmer un policier être dévoilées au grand public.

« Baveux » et « emmerdeur » ?

La séance de mardi a aussi été marquée par un vif débat entre le représentant de la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP), Alexandre Popovic, et les avocats de Lapointe et de la Ville de Montréal, Mes Pierre Dupras et Pierre-Yves Boisvert.

M. Popovic a tenté de questionner l’agent sur certains articles et reportages à son sujet et dans lesquels des collègues et résidents de Montréal-Nord parlent de lui en des termes peu élogieux.

Ainsi, dans un article du Journal de Montréal paru le 15 août 2008, soit quelques jours seulement après l’incident, un collègue non-identifié de Jean-Loup Lapointe affirme que ce dernier avait la réputation d’être un « baveux » auprès des autres policiers du poste de quartier 39.

De plus, dans le cadre d’un reportage diffusé lors de l’émission Les Francs-Tireurs à Télé-Québec, un chauffeur de taxi de Montréal-Nord prétendait que Lapointe est reconnu comme étant un « emmerdeur » dans le quartier.

Après que le principal intéressé ait indiqué ne pas être au courant si quiconque partageait ces opinions à son égard, Me Boisvert a tout de suite contesté la validité de ces documents, qui n’ont pas été officiellement déposés en preuve, ajoutant que ces allégations n’étaient rien d’autre que des « ouï-dire ». Immédiatement après, Me Dupras a renchéri en les qualifiant de « ragots ».

Pour sa part, M. Popovic a maintenu qu’il ne « pouvait pas y avoir de fumée sans feu », tout en manifestant sa vive impatience face aux objections répétées des avocats Boisvert et Dupras au cours de son contre-interrogatoire. Le coroner a alors mis fin aux discussions en sommant M. Popovic de passer à un autre sujet.

L’enquête se poursuit mercredi, au Palais de justice de Montréal, avec la suite du témoignage de Jean-Loup Lapointe.

jeanphilippe.arcand@24-heures.ca

 
 

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