24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Enquête sur la mort de Fredy Villanueva

Le policier Lapointe ne peut expliquer la balle au dos de Sagor Metellus

05/02/2010 12h15 - Mise à jour 05/02/2010 19h31

Fredy Villanueva est décédé à l'âge de 18 ans.
Photo : archives 24H
Le policier Jean-Loup Lapointe, qui a réitéré pour une énième fois en quatre jours de témoignage qu’il avait réagi de la « meilleure façon possible », a été incapable d’expliquer comment un des individus belligérants avait reçu une balle dans le dos.

Le témoin clé de cette enquête a mentionné, vendredi, qu’il avait fait « la mise à feu sur des masses de corps devant lui en tirant légèrement à droite et ensuite légèrement à gauche. Les coups sont partis rapidement», a expliqué le policier devant une salle presque vide.

Une déclaration qui diffère de celle de sa collègue, Stéphanie Pilotte, qui a déclaré que son confrère avait fait un balayage à 180 degrés pour tirer la quatrième et dernière balle, celle qui a atteint Jeffrey Sagor Metellus au dos.

« Je me sentais agrippé et serré par quatre individus. Je ne voyais plus distinctement les visages et j’ai ouvert le feu sur des masses de corps parce que j’avais peur pour ma vie », a dit l’agent Lapointe.

Fait intéressant à noter, un expert en balistique qui a témoigné au début des travaux a dit que Jeffrey Sagor Metellus n’avait pas de grain de poudre sur lui. Pourtant, on peut selon lui retrouver de la poudre sur un individu qui se trouve jusqu’à six pieds du tireur.

Dans sa déclaration faite aux policiers, Metellus a quant à lui souligné qu’il s’était mis à courir après avoir vu l’arme à feu.

L’agent Lapointe maintient néanmoins qu’il a cessé de tirer dès qu'il a réalisé que les jeunes qui l'agressaient avaient cessé de la frapper.

Manque de communication

L’enquête du coroner André Perrault a également permis d’apprendre qu’il y avait eu un manque flagrant de communication entre les deux policiers le soir du 9 août 2008, jour durant lequel Fredy Villanueva a été abattu par l’agent Lapointe.

Bombardé de questions, Jean-Loup Lapointe a reconnu qu'il n'avait pas été «clair» quant à ses intentions à l'endroit des individus contrevenants.

«Je n'ai jamais utilisé le mot constat d'infraction. Je n'ai pas dit à ma partenaire que je voulais émettre des constats. Je lui ai mentionné que ces jeunes jouaient aux dés et que c'est un RM (un règlement municipal). Je crois qu'elle avait compris que je voulais intervenir», a expliqué le policier.

L'agent a aussi admis qu'il n'avait pas établi de plan d'intervention avec sa partenaire avant de sortir de l'auto-patrouille, stationnée dans le parc Henri-Bourassa à Montréal-Nord.

Me Arsenault a poursuivi sur sa lancée en tentant par tous les moyens de faire dire au témoin que son intervention était injustifiée, le soir fatidique. « Vous auriez pu vous retirer et appeler du renfort voyant que vous étiez deux et qu’ils étaient cinq et que ça risquait de dégénérer. On parle ici d’un règlement municipal de seulement 50$ ?», a insisté le procureur.

« J’aurais pu fermer les yeux et ne pas faire mon travail », a répondu le policier au service de la SPVM depuis 4 ans.

Le contre-interrogatoire de l’agent Lapointe reprendra que le 11 février, l’enquête faisant relâche jusqu’à cette date.

stephane.tremblay@24-heures.ca

 
 

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