24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Enquête publique sur la mort de Fredy Villanueva

L'agent Lapointe dit n’avoir rien à se reprocher

04/02/2010 17h57 

Photo: archives 24H
Le policier Jean-Loup Lapointe demeure convaincu avoir agi « correctement » en utilisant la « force nécessaire », le soir du 9 août 2008, jour où Fredy Villanueva a rendu l’âme après avoir été atteint par balle.

« Je ne vois pas ce qui aurait pu être fait autrement pour sauver la vie de Fredy Villanueva », a lancé, jeudi, celui qui en était à sa troisième journée de témoignage à l’enquête publique sur la mort du jeune homme.

Invité à répondre s’il avait perdu le contrôle lors de cette intervention survenue dans un parc de Montréal-Nord, le témoin a répondu avec assurance qu’il avait agi « le plus calmement possible dans les circonstances. Je n’ai pas senti que je perdais mes émotions. J’ai été directif et clair dans mes directives et respectueux », a-t-il ajouté devant une salle beaucoup moins remplie que la veille.

Le policier de presque cinq ans d’expérience a déjà précisé que « c’était la première fois qu’il tirait une balle », le soir du drame.

Lapointe a affirmé qu’il n’avait « plus le choix » après avoir été frappé, agrippé, étranglé et presque désarmé par des individus qui tentaient de permettre à Dany Villanueva de se libérer du policier couché au sol.

«J’ai fait feu sur une masse de corps devant moi. J’ai eu très peur pour ma vie et celle de ma partenaire ».

Les deux policiers n’ont pas été séparés

L’enquête du coroner André Perrault a également permis d’apprendre qu’après avoir ouvert le feu, le policier Jean-Loup Lapointe est demeuré en présence de sa coéquipière Stéphanie Pilotte pendant plus de cinq heures, ce qui contrevient à la politique ministérielle.

L’agent du SPVM a confirmé ce que sa partenaire avait déjà mentionné en début de semaine. Pendant que le jeune Villanueva se battait pour sa vie, les deux policiers se sont retrouvés dans la même auto-patrouille, vers 20h. Ils seront ensuite transportés ensemble au poste de quartier. Ils ont attendu l’arrivée de l’ambulance qu’ils ont prise ensemble.

Alors qu’il était dans l’ambulance, Jean-Loup Lapointe aurait raconté à l’ambulancier qu’il craignait d’être muté à la suite de cette histoire.

Rendus à l’hôpital, les deux policiers ont été placés dans la même salle de triage et ils ont rencontré ensemble un médecin.

Malgré les nombreuses heures passées ensemble, le policier Lapointe a affirmé ne jamais avoir parlé des événements avec sa collègue de travail.

Vers minuit, l’agent a donné brièvement sa première version des faits à un représentant syndical. Encore là, Stéphanie Pilotte était présente.

L'agent Lapointe a pourtant souligné qu'il savait qu’il ne devait pas parler des détails ou des circonstances des événements à personne, à l’exception de certaines personnes en autorité «tous les policiers savent ça», a-t-il lancé.

Malgré cela, il n’y voyait « pas de problème ».

Le coroner a également mis en lumière le fait que les deux agents ont déchargé eux-mêmes leurs armes à feu. Sur ce point, la politique ministérielle indique clairement que lors d’une fusillade impliquant un policier « un supérieur prend possession des armes des policiers impliqués et n’effectue aucune manœuvre de déchargement », a-t-on pu lire dans le manuel de la politique ministérielle de la SPVM.

Le contre-interrogatoire de l’agent Lapointe se poursuit vendredi matin au palais de justice de Montréal.

stephane.tremblay@24-heures.ca

 
 

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