24 HEURES - Le vendredi 10 février 2012

Ouverture officielle de la Résidence Omer Deschênes

23 logements montréalais pour l’intégration sociale

25/01/2010 19h56 

Jean-François P. bénéficie actuellement d’un des 23 appartements de la résidence Omer Deschênes, au Centre BonSecours.
Photo: Jean-François Cyr
Le Centre de Réhabilitation BonSecours pour alcooliques et toxicomanes sans domicile fixe a procédé, lundi après-midi à Montréal, à l’ouverture officielle de sa nouvelle résidence Omer Deschênes, qui compte 23 logements d'intégration sociale.

« Après 36 ans d'efforts pour venir en aide à notre clientèle, nous amorçons une nouvelle ère où plus de clients seront accompagnés dans le continuum de services propre au Centre. Nos résidants pourront désormais vraiment refaire l'apprentissage de leur autonomie et contribuer à la collectivité dans la dignité », a expliqué Josée Ricard, directrice générale du Centre BonSecours, lors d’un point de presse tenu dans l’édifice.

La Centre Bonsecours s'adresse à une clientèle masculine (25 ans et plus) sans domicile fixe ou à risque de le devenir, déterminée à accepter de l'aide et à suivre toutes les étapes qui les mèneront à l'intégration sociale. Ils font face à des problèmes d'itinérance, de pauvreté extrême, d'alcool, de drogues dures et, souvent, de santé mentale.

Selon les responsables du Centre, cet endroit est unique au Québec, car il offre désormais un programme complet de services par étape : la désintoxication, la thérapie à l'interne (3 à 6 mois) et l'intégration sociale supervisée en appartements (d’une durée maximale d’environ deux ans). Cette dernière phase est d’ailleurs rendue possible grâce à la construction des nouvelles résidences.

« Aujourd’hui, nous sommes venus pour les résidants et pour parler de votre démarche très louable que vous entreprenez. Ce n’est pas juste un toit que nous célébrons, mais un objectif de vie. Puisque cet endroit est le symbole d’une démarche. Notre devoir, les intervenants, c’est de s’assurer que cette démarche soit possible », a expliqué au nom du gouvernement du Québec, avec beaucoup de sensibilité, la ministre du Développement durable et de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp.

« Une aide inestimable »

Jean-François P., qui bénéficie actuellement d’un des 23 appartements de la résidence Omer Deschênes au Centre BonSecours, a confié à un représentant du 24H que le Centre est pour lui d’un inestimable soutien. Pour preuve, son parcours de vie qui est tout simplement estomaquant.

D’origine québécoise, il a participé, dans les années 1990, à la guerre en ex-Yougoslavie, à la demande de son père (Croate). Au cours de son séjour infernal qui durera environ trois ans, il a perdu sa femme et ses enfants dans un bombardement. De retour au pays, la mort d’une autre personne chère, emportée par le cancer cette fois, sera un événement de trop : il sombre dans le jeu, l’alcool, la drogue et la criminalité.

« Après des années de dérives et de pensées suicidaires, on m’a fortement recommandé ce Centre. J’y suis venu avec beaucoup d’appréhension en juillet 2009. J’ai finalement accepté de suivre une vraie thérapie de 3 mois. Maintenant, j’ai la chance de participer à l’étape d’intégration sociale, à un rythme moins violent que celui imposé par la société. C’est une chance unique », raconte-t-il.

« Bien d’autres personnes dans la rue, alcooliques, droguées, ont besoin d’un break et de ressourcement. J’étais fatigué de me sentir coupable. J’étais vide et sans espoir. Si tu veux t’investir, tous les outils sont offerts pour s’en sortir ici. Je suis très fier de ce que j’ai pu accomplir et je leur suis incroyablement reconnaissant. Je suis bien », partage l’homme qui vit depuis peu dans un 3et1/2 tout neuf.

Le projet

La construction de la résidence, a nécessité un investissement total de 3,9 millions $ et a été réalisé avec la participation de nombreux partenaires publics et communautaires, dont la Société d’habitation du Québec qui a versé plus de 1,5 million $ par l’entremise de du programme AccèsLogis Québec.

Tout comme Québec, la Ville de Montréal a également collaboré financièrement au projet, en donnant plusieurs centaines de milliers de dollars par l’entremise de divers organismes. Le gouvernement fédéral a également consenti une enveloppe de 400 000 $.

Inauguré en 1974 avec l'aide des Frères de Saint-Gabriel, le Centre s'est d'abord établi rue Bonsecours dans le Vieux-Montréal, puis dans le quartier de la Pointe-Saint-Charles et enfin à Montréal-Nord au 11130, boulevard Pie-IX. La nouvelle résidence Omer Deschênes est jouxtée à la maison de thérapie Bonsecours.

jeanfrancois.cyr@24-heures.ca

 
 

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