24 HEURES - Le samedi 11 février 2012

Interdiction de fumer sur les terrasses

Les fumeurs outrés d’être encore au banc des accusés

20/01/2010 15h14 

Les terrasses ne doivent pas être dépourvues de cendriers, disent les fumeurs ainsi que les tenanciers de bars et de restaurants.
Photo : archives 24H
Devant la volonté du Conseil Québécois sur le tabac et la santé (CQTS) d’interdire de fumer dans les espaces publics extérieurs, les tenanciers de bars et de restaurants ainsi que les fumeurs s’indignent de voir encore les limites se rétrécir dans leurs droits de consommer du tabac.

Ayant été contraints, en 2006, de retirer les cendriers de l’intérieur de leurs établissements, les propriétaires refusent d’envisager de faire de même dehors, règle potentielle proposée mercredi par le CQTS en cette Semaine québécoise pour un avenir sans tabac.

«Les non-fumeurs ne sont pas incommodés. Personne ne se plaint de la fumée sur les terrasses, mis à part un ou deux extrémistes, pestifère le président-directeur général de la Corporation des bars et des brasseries du Québec, Renaud Poulin. L’interdire, c’est aller trop loin. Il faudrait à la limite, diviser les terrasses en sections.»

De son côté, le président de l’Union de tenanciers de bars du Québec, Peter Sergakis, se veut moins conciliant envers les propositions du CQTS.

«Le conseil exagère. C’est inacceptable. Assez, c’est assez ! À ce point, pourquoi ne pas demander au gouvernement d’interdire de produire des cigarettes ?», questionne-t-il.

Cette question, la porte-parole de Monchoix.ca, Arminda Mota, se la pose également, mais croit surtout que l’organisme provincial se sert de cette nouvelle mesure «pour faire une diversion publique de façon à se rendre dans les maisons, où il souhaiterait ultimement proscrire le tabac».

Pertes de revenus

Selon M. Poulin, les revenus de loterie vidéo ont baissé de 17 % à la fin de la première année d’implantation de la loi interdisant de fumer à l’intérieur des bars. Cette proportion a atteint 10 % de diminution pour ce qui est de la vente d’alcool.

«C’est évident que de prohiber le tabac sur les terrasses fera encore baisser la clientèle. Tous les fumeurs allaient là», croit-il. «Je suis convaincu que ça va nuire aux ventes», renchérit M. Sergakis.

Sur ce point, le directeur général du CQTS, Mario Bujold, considère qu’il n’est pas coulé dans le béton que la baisse de revenus soit associée à l’interdiction de fumer.

«Ce n’est pas si évident à calculer, compte tenu du ralentissement économique. Plusieurs autres facteurs sont impliqués», maintient celui qui croit qu’il serait légitime de protéger les non-fumeurs, même à l’extérieur.

Il s’appuie sur une récente étude américaine où l’on démontre «qu’à moins d’un mètre de distance d’un fumeur, la concentration des particules toxiques de la fumée secondaire dans un environnement extérieur est parfois comparable à celle que l’on retrouve dans un environnement intérieur».

D’autres priorités

Pour sa part, le directeur de l’Association des droits des non-fumeurs, à Québec, François Damphousse, croit qu’il faudrait d’abord s’attaquer aux immeubles à logements avant de s’attarder à l’extérieur.

«Je reçois rarement des plaintes de non-fumeurs en ce qui a trait aux terrasses, mais à chaque semaine j’en ai de locataires», affirme-t-il.

Le rapport sur l’application de la Loi sur le tabac sera déposé d’ici l’automne à l’Assemblée nationale.

Stéphanie Saucier

 
 

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