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Dans les rues montréalaises
Les travailleuses du sexe exigent la décriminalisation
17/12/2009 19h29

- Les manifestants ont exprimé leur profond désaccord quant au sort que l’on réserve encore aujourd’hui aux personnes qui vivent du milieu du sexe.
- Photo: Éric Bolté
En cette Journée internationale de dénonciation de la violence faite aux travailleuses (et travailleurs) du sexe, des Montréalais, comme des milliers d’autres citoyens de plusieurs villes à travers le monde, ont manifesté leur profond désaccord quant au sort que l’on réserve encore aujourd’hui aux personnes qui vivent du milieu du sexe.
Rassemblés d’abord au métro Papineau, les participants ont clamé, lors d’une marche de solidarité, qu’ils refusent le climat d’impunité et la banalisation de la violence faite envers les travailleuses du sexe.
« Chaque jour, plusieurs d’entre nous subissons les préjugés et le mépris social et faisons face à la répression policière. La criminalisation des activités entourant le travail du sexe crée un contexte qui engendre la violence, physique et sexuelle, explique Émilie Laliberté, coordonnatrice générale du groupe communautaire Stella, créé et géré par et pour des travailleuses du sexe de Montréal. Les travailleuses du sexe doivent se cacher de la police et travailler souvent dans des endroits isolés et non sécuritaires. »
Changement d'attitude
D’après Michael Hendricks, un militant pour le mariage guai au Québec, la situation ressemble à celle que vivaient les personnes homosexuelles avant 1969. À son avis, toute forme de criminalisation de la sexualité mène à la discrimination et à l’injustice. « Un changement d’attitude des pouvoirs politiques et judiciaires est grandement souhaitable », a dit M. Hendricks.
De son propre aveu, le gouvernement canadien, qui dépense des fortunes pour lutter contre la prostitution, fait fausse route. En 2009, les travailleuses du sexe sont encore criminalisées, incarcérées et privées du droit à la protection contre la violence.
« Il est plus que temps que cesse cette répression et la violence qui en découle. C’est d’ailleurs pour cela que nous réclamons la décriminalisation des activités liées au travail du sexe. Elle permettrait aux travailleuses du sexe d’avoir accès à des lieux de travail sécuritaires et la possibilité de s’organiser, afin d’avoir de bonnes conditions de travail. Vous savez, présentement, les travailleuses du sexe sont des cibles faciles pour les agresseurs », a renchéri Mme Laliberté.
Plus de 60 agressions à Montréal contre les travailleuses du sexe sont rapportées chaque année.
jeanfrancois.cyr@24-heures.ca
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