24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Un partenariat de deux ans

Gangs de rue : la Belgique observe le Québec

22/10/2009 15h33 

Véronique Ketelaer, directrice des services de prévention de Bruxelle.
Photo: Sarah-Maude Lefebvre
Des experts belges sur le phénomène des gangs de rue débarquent à Montréal pour apprendre la façon québécoise de gérer les bandes urbaines.

Au cours des derniers jours, 11 représentants belges ont visité en effet patrouillé l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, rencontré des policiers et des chercheurs ou encore visité des organismes communautaires afin de mieux connaître la réalité des gangs québécois, dans le cadre d’une programme d’échange d’une durée de deux ans entre les deux pays.

« Montréal a une expertise et une analyse bien développée des bandes urbaines qui n’existe pas en Belgique. L’approche québécoise pourrait être très utile », explique Véronique Ketelaer, directrice des services de prévention de Bruxelle.

Le pays de Tintin fait en effet face lui aussi à une expansion des gangs de rue sans précédent depuis 10 ans. Seulement dans la région bruxelloise, on dénombre une vingtaine de gangs urbaines, composées en grande partie d’ immigrants congolais ou rwandais, selon Mme. Ketelaer.

« Nos gangs effectuent surtout des vols avec violence. Il n’y a pas vraiment l’aspect d’exploitation sexuelle qu’on retrouve dans les gangs du Québec », explique-t-elle.

« Le phénomène s’amplifie »

Du côté de l’Institut universitaire du Centre jeunesse de Montréal, on dit espérer que cette rencontre permettra de développer de nouvelles approches pour régler le problème des gangs de rue.

« En 2004, nous avons étudié les dossiers de 4000 jeunes placés sous la Loi sur le système de justice pénale aux adolescents et nous nous sommes rendus compte que 10% de ces jeunes, issus de gangs de rues, étaient responsables de 50% des crimes de toute la cohorte. Si on arrive à influencer un des ces jeunes, imaginez l’effet de levier », souligne Clément Laporte, coordonnateur au Centre jeunesse.

Une délégation québécoise ira donc à son tour en Belgique, en janvier prochain, pour essayer d’acquérir de nouvelles techniques, notamment pour lutter contre la décentralisation des gangs de rue en banlieue, une des nouvelles problématiques à surveiller selon le Centre jeunesse.

sarahmaude.lefebvre@24-heures.ca

 
 

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