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Reportage d'Enquête sur le sujet
Quand la construction s'invite dans les élections
15/10/2009 21h24 - Mise à jour 15/10/2009 22h08

- Les entrepreneurs, «qui feraient consensus », utiliseraient un langage secret relié au golf pour déjouer l’écoute électronique et s’aviser les uns les autres sur les sommes minimales à offrir pour remporter les appels d’offres.
- Photo: archives 24 H
Lino Zambito, propriétaire de la compagnie Infrabec, aurait en effet proposé aux deux conseillers de l’opposition de la Ville une entente afin d’éviter la tenue d’élections à Boisbriand le 1er novembre prochain.
Dans un enregistrement diffusé par Radio Canada, on entend l’entrepreneur, qui a d’ailleurs nié avoir tenté d’influencer le processus électoral, mentionner « pourquoi on regarde pas en avant et voir ce qu'on peut bâtir ensemble » soutenant qu’une campagne électorale donnerait «le même résultat ».
Un langage secret
Outre ce cas particulier, Enquête révèle aussi que la presque totalité des appels d’offres dans le monde de la construction au Québec, et particulièrement dans la région de Montréal, sont truqués, étant décidés d’avance.
Les entrepreneurs, «qui feraient consensus », utiliseraient un langage secret relié au golf pour déjouer l’écoute électronique et s’aviser les uns les autres sur les sommes minimales à offrir pour remporter les appels d’offres.
Ceux qui ne respecteraient pas les limites fixées lors de ces discussions s’exposeraient même à des attaques physiques pouvant les mener à l’hôpital.
Interviewé à ce sujet, Paul Sauvé, le président de l’entreprise L-M Sauvé a d’ailleurs affirmé qu’« ici au Québec, c’est le Far West. Tout est arrangé d’avance. Si vous avez le malheur d’obtenir un contrat qui ne vous était pas destiné, vous êtes dans la m…»
La mafia
Un informateur anonyme rencontré par Enquête va même jusqu’à avancer que la mafia Italienne a le contrôle sur l’octroi des contrats à Montréal et qu’elle se prendrait même une ristourne de trois pourcent sur ces derniers.
Réagissant aux révélations de Radio-Canada, l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ) a admis jeudi soir que les informations divulguées dans le reportage étaient « préoccupantes».
L'ACRGTQ s'est par ailleurs dite « persuadée qu'il ne s'agit que d'une minorité d'entrepreneurs et qu'il fallait s'insurger contre ces pratiques déloyales qui violent les principes de la saine concurrence» .
Il en couterait d’ailleurs 43 pourcent plus cher que la moyenne des autres provinces canadiennes pour construire une route à deux voies au Québec, selon Enquête.
reine.cote@24-heures.ca
jeannicolas.aube@24-heures.ca
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