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24 HEURES - Le dimanche 22 novembre 2009

Un voile officiel pour l'école

15/10/2009 07h12 

Un voile à l’effigie de l’école, qui se trouve sur la liste des vêtements que l’on peut acheter chez le fournisseur de l’école.
Photo: Martin Chevalier, Journal de Montréal
Le hidjab n'est pas seulement accepté dans les écoles publiques, il fait même partie de l'uniforme officiel de l'une d'entre elles qui le fournit aux élèves avec le logo de l'établissement brodé.

Les élèves de l'école secondaire Marguerite-De Lajemmerais, située rue Sherbrooke Est à Montréal, sont obligées de porter un uniforme qui ressemble à tous ceux qu'on est habitué de voir.

Cette école publique pour filles seulement est l'une des rares des 200 établissements de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) à imposer une liste de vêtements qu'ils peuvent acheter chez un fournisseur.

Ces uniformes permettent donc aux élèves d'être au moins égaux sur le plan de l'habillement, à l'exception d'une seule pièce de tissu destinée aux écolières musulmanes : le hidjab, que l'on offre en noir ou blanc, avec broderie grise à l'effigie de l'école.

«Le port de l'uniforme complet est obligatoire à l'école Marguerite-De Lajemmerais depuis septembre 2006. Il contribue non seulement à créer chez l'élève un sentiment d'appartenance, mais il résout également bien des problèmes relatifs à l'habillement», peut-on lire sur le site internet de l'établissement, qui donne ensuite la liste des vêtements acceptés et leur prix.

Le hidjab est le dernier item inscrit sur cette liste. Chez le fournisseur de vêtements de l'école, il se vend 16 $.

«Situation préoccupante»

«C'est une situation préoccupante», a déclaré hier André Caron, porte-parole de la CSDM, après la diffusion de l'information par Jean-Luc Mongrain, à son émission de LCN, hier matin.

Ce qui interpelle la commission scolaire, c'est le fait que l'école ait «inclus» le hidjab sur sa liste de vêtements.

Cela va plus loin que le simple fait de ne pas empêcher une écolière d'en porter un.

«On va ensuite vérifier si on trouve d'autres situations similaires. S'il y a lieu, le conseil des commissaires se penchera sur la question», a dit M. Caron.

Plus loin que l'avis ?

Chaque direction d'école de la CSDM, dit-il, adopte son propre «mode de vie», son code vestimentaire, avec la participation des parents.

«On se fie à l'avis de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui a émis un avis en 1995 qui fait en sorte qu'une école ne peut pas refuser le port du voile par une élève», rappelle M. Caron. Cet avis ne fait pas de distinction entre les écoles qui imposent des uniformes ou non, mais il n'oblige pas non plus les écoles à fournir un hidjab à leur effigie.

* Fondée par les Soeurs Grises en 1962, pour former de futures enseignantes, l'école Marguerite-De Lajemmerais a été vendue à la CECM (aujourd'hui la CSDM.)