24 HEURES - Le lundi 20 mai 2019

Il souffrait d'un cancer

Pierre Falardeau est mort

26/09/2009 08h55 - Mise à jour 26/09/2009 13h21

Le cinéaste et écrivain Pierre Falardeau est décédé à l’âge de 62 ans, vendredi soir.

Souffrant d’un cancer depuis plusieurs mois, il s’est éteint à 23h17 l'unité de soins palliatifs de l'Hôpital Notre-Dame du CHUM entouré de ses proches, a confirmé samedi matin l’établissement de santé.

Le patient était entré à l'hôpital le jour même à 13h20.

Il laisse dans le deuil sa conjointe, Manon Leriche, ainsi que ses trois enfants, Jules, Hélène et Jérémie.

Figure de proue du mouvement indépendantiste québécois, Pierre Falardeau est né le 28 décembre 1946 à Montréal.

Il était reconnu pour son caractère fougueux et son franc-parler.

On lui doit entre autres une vingtaine de films, en plus de son célèbre personnage Elvis Gratton.

Il a également derrière lui une longue expérience dans le monde de l'écrit avec une quinzaine d'ouvrages, de textes et de manifestes. Il a notamment signé La liberté n'est pas une marque de Yogourt. Il a également collaboré à de nombreuses publications, dont le Journal culturel Ici, pour lequel il a été chroniqueur.

« Une perte considérable pour notre nation » - Bernard Landry

Samedi matin, l’ancien Premier ministre Bernard Landry, lui aussi un souverainiste convaincu, a tenu à rendre hommage à celui qui était souvent au centre de controverses, sur les ondes de RDI.

« Au delà de la perte personnelle, c’est une perte considérable pour notre nation », a-t-il affirmé, en mentionnant aussi « l’œuvre cinématographique considérable » de Falardeau.

« Je lui disais: Pierre, je pense à peu près comme toi sur à peu près tout, mais je ne le dis pas de la même manière », s’est souvenu Bernard Landry.

« Un grand ambassadeur » - Pauline Marois

Pour Pauline Marois, chef du Parti québécois, Falardeau était un « grand ambassadeur » de la cause souverainiste.

« Le fait qu’il était libre et pouvait utiliser toutes les tribunes avec son franc parler, ça servait d’autant plus la cause », dit-elle, avant d’indiquer que son parti a bien l’intention de « rendre hommage correctement » à l’homme de cinéma et de littérature décédé vendredi.

Même s’il ne partage pas les opinions politiques souverainistes, le Premier ministre du Québec Jean Charest tout de même salué Pierre Falardeau le communicateur lors du conseil général de son parti à Drummondville, samedi.

« Il trouvait toujours une formule choc pour exprimer ses idées, ça faisait partie du personnage », a commenté Jean Charest, qui a principalement tenu à souligner « un cinéaste remarquable, qui avait une grande diversité dans son répertoire ».

Pour l’instant, la femme et les enfants de Pierre Falardeau souhaitent vivre leur deuil dans l’intimité. Ils ont signifié qu’ils n’accorderaient aucune entrevue aux médias.

Les détails concernant les obsèques du cinéaste et écrivain ne sont pas encore connus.

Cinéaste engagé

Pierre Falardeau a complété des études en ethnologie à l’Université de Montréal.

Dès 1971, à l’âge de 25 ans, il réalise son premier court métrage à saveur indépendantiste, Continuons le combat.

Puis, en 1978, il signe avec Pea Soup une critique de l’aliénation des Québécois devant le pouvoir économique.

À partir de 1981, quatre films mettant en vedette son célèbre personnage Elvis Gratton contribuent à le consacrer comme une figure importante du cinéma québécois.

En 2001, son film 15 février 1839, qui relate les 24 dernières heures de deux patriotes canadiens condamnés à la pendaison, remporte quatre prix Jutras.

jeanlouis.fortin@24-heures.ca

 
 

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