24 HEURES - Le vendredi 10 février 2012

«Le trafic des enfants existe ici aussi»

25/09/2009 21h48 - Mise à jour 25/09/2009 22h12

Le député Steven Blaney, Catherine Legault et Pierre-Hugues Boisvenu veulent sensibiliser la population à la traite infantile.
Photo: Joël Lemay
Des personnalités québécoises se mobilisent pour sensibiliser la population sur un phénomène méconnu mais bien présent au Canada : le trafic des enfants.

Le député Steven Blaney, Pierre-Hugues Boisvenu et l’ex-juge Andrée Ruffo prendront part à une marche publique, dimanche matin, afin de sensibiliser les gens à l’importance d’imposer une peine minimale d’emprisonnement de cinq ans à toute personne effectuant le trafic d’enfants.

Cette question sera justement débattue à la Chambres des communes lors d’un vote pour faire adopter la loi C-268, mercredi.

L’industrie du sexe

Chaque année, plus de 1 500 enfants sont victimes du trafic humain au Canada.

« La traite des enfants est le deuxième plus grand crime organisé au monde. C’est une industrie de 32 milliards $ par année », fait remarquer Catherine Legault, qui représente l’organisme new yorkais Stop Child Trafficking Now (SCTNow) dans la région de Montréal.

« Le phénomène n’est pas assez connu. On ne se rend pas compte que ça se passe même ici, à Montréal », ajoute-t-elle.

Fraude ou manipulation. Ce sont souvent les moyens utilisés par les trafiquants pour approcher les jeunes, majoritairement des filles.

« On les déplace et ensuite on les exploite », poursuit Mme Legault.

Ceux que SCTNow nomme les « prédateurs » font fonctionner l’industrie du sexe partout dans le monde grâce à ces jeunes », peut-on lire dans le dépliant de l’organisme.

Pays de transit

« Le Canada est un pays de source et de transit », assure la porte-parole de SCTNow.

Selon Mme Legault, 20 % des victimes au Canada sont repérés dans les communautés autochtones. « Les trafiquants savent reconnaître la vulnérabilité de leur victime et leur état émotionnel », précise-t-elle.

« C’est un fléau et ça détruit des vies. Et ça se passe dans nos rues », soutient le député de Lévi-Bellechasse, outré.

Catherine Legault estime essentiel de sensibiliser les gens à ce phénomène. Selon elle, une seule chose pourra faire cesser la traite infantile : arrêter la demande. Sans « clients », plus de trafiquants.

Dimanche matin, des bénévoles accueilleront les gens intéressés à participer à la marche au Square Phillips dès 9h pour l’inscription et le départ aura lieu à 10h.

L’événement se déroulera de concert dans 40 autres villes d’Amérique du Nord.

reine.cote@24-heures.ca

 

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