24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Cinar devra payer 5,2 millions $ à Claude Robinson

26/08/2009 10h31 - Mise à jour 26/08/2009 12h36

Claude Robinson
Photo: Éric Bolté
Après plus de 14 ans de bataille juridique, Claude Robinson a remporté une grosse victoire contre la maison de production Cinar qu’il accusait de plagiat. Un juge de la Cour supérieure a tranché mercredi que l'entreprise devra finalement verser une indemnisation de 5,2 millions $ à l'auteur.

Dans un jugement de 240 pages, le magistrat est d’avis que la bande dessinée Robinson Sucroë, coproduite par Cinar et France Animation et diffusée au Québec et dans plus de 80 pays à compter de septembre 1995 était une copie conforme du projet Robinson Curiosité.

Le juge parle de « plagiat et d’exploitation ». Il décrit les dirigeants de ces entreprises de bandits à cravate, d’hommes et de femmes d’affaires véreux.

Le juge donne complètement raison à Claude Robinson. Il lui accorde notamment une somme de 1,7 million $ pour des revenus perdus, 1,5 million $ pour le remboursement de ses avocats, 600 000$ pour les droits d’auteur et 400 000$ en dommages et intérêts, sans oublier les intérêts qui remontent à plus de 14 ans.

Une longue saga

C'est en 1982 que Claude Robinson a créé son personnage Robinson Curiosité, dans le but de produire un produit de série télévisée pour enfants.

Le réalisateur s'était d'ailleurs inspiré de son propre visage pour dessiner son personnage.

Après avoir présenté son projet à divers diffuseurs et producteurs au Québec, Robinson avait finalement retenu les services de CINAR en 1986 comme consultante pour la promotion et la vente de la série aux États-Unis, mais l'union n'avait finalement pas porté fruit.

Neuf ans plus tard, le 4 septembre 1995, le producteur avait eu la surprise de sa vie quand il avait fait la découverte d’une émission intitulée « Robinson Sucroé » sur les ondes de Canal Famille.

En octobre, Robinson avait fait parvenir une mise en demeure à CINAR, mais la compagnie avait alors affirmé n’avoir aucune trace dans ses archives d’un lien quelconque avec Claude Robinson ou son œuvre.

Paris

Le long procès s’est déroulé l’an dernier au palais de justice de Montréal avec un intermède parisien de deux semaines.

Le tribunal s’était déplacé dans la Ville lumière afin d’y faire entendre une douzaine de témoins qui n’auraient pu être contraints de venir à Montréal.

C’est alors que les représentants des sociétés poursuivies par M. Robinson, Teresa Plummer-Andrews, de la BBC WorldWide, Christian Davin, de France Animation, et Peter Hille, de Ravensburger, ont été entendus. Une experte appelée par les défendeurs, Louise Dansereau, avait soutenu que le Sucroë de Cinar est une œuvre originale qui n’a rien emprunté au projet de Claude Robinson et qu’elle tire plutôt son inspiration des séries précédentes de l’auteur français Christophe Izard et de la matrice de toutes les robinsonnades, le Robinson Crusoé de Daniel Defoe.

M. Izard avait d’ailleurs été interrogé. Il a toujours soutenu qu’il ne connaît Claude Robinson ni d’Ève ni d’Adam. Claude Robinson soutient pour sa part avoir soumis son projet en 1986 et 1987 lors d’une foire commerciale tenue à Cannes.

Cinar, qui possède maintenant de 30 jours pour interjeter appel, aurait l’intention de contester ce jugement.

stéphane.tremblay@24-heures.ca

jeannicolas.aube@24-heures.ca

 
 

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