Actualités
Au diable la pénurie des profs
14/08/2009 07h19

- Moctar Dicko, 52 ans, n’est pas assez formé pour enseigner au Québec, selon le ministère de l’Éducation. Il a pourtant complété un diplôme de licence en physique, à l’Université de Bucarest, en Roumanie, ainsi qu’un diplôme d’études approfondies des sciences physiques de structure optique de l’Université nationale de Côte-d’Ivoire.
- Photo: Sébastien Ménard, Journal de Montréal
«Je ne suis pas venu au Québec pour travailler dans une manufacture, lance Moctar Dicko. Je suis un intellectuel», s'indigne-t-il.
Il a vendu des thermopompes
Le prof, âgé de 52 ans, a tenté sans succès de travailler pour des commissions scolaires de la région de Montréal depuis qu'il a immigré au Québec, il y a quelques années.
Résigné, il a notamment occupé un emploi comme vendeur de thermopompes, en plus de faire du télémarketing.
Voyant que personne ne donnait suite à ses demandes d'emploi malgré la pénurie de profs de sciences et de mathématiques qui frappe le Québec, Moctar Dicko s'est tourné vers le ministère de l'Éducation afin d'obtenir un permis d'enseigner.
Et c'est là qu'il a frappé un mur.
Le fonctionnaire qui lui a répondu, il y a neuf mois, a reconnu que M. Dicko avait une connaissance suffisante de la physique. Mais malgré ses 22 années d'expérience en enseignement des sciences dans un lycée français d'Abidjan, en Côte-d'Ivoire, sa formation en pédagogie n'est pas suffisante, selon le ministère de l'Éducation.
La demande de Moctar Dicko a été refusée parce qu'il n'avait pas complété 450 heures de pédagogie avant d'arriver au Québec, une réponse qu'il juge ridicule.
«Pourtant, je m'y connais avec les enfants. J'ai passé 22 ans dans un lycée français», répète-t-il.
À l'Université d'Ottawa
Moctar Dicko n'a pas l'intention de retourner dans une université québécoise pour compléter un baccalauréat ou une maîtrise en enseignement, des formations qui peuvent durer jusqu'à quatre années.
De telles études lui permettraient d'être prof au Québec. «J'ai 52 ans, souligne-t-il. Je passerais quatre ans à l'université pour apprendre quoi ?», demande-t-il.
L'enseignant de carrière a plutôt choisi de se tourner vers l'Université d'Ottawa, où il n'aura qu'à compléter une seule année de pédagogie, avant de pouvoir décrocher du travail comme prof en Ontario.
M. Dicko se rendra dans la capitale fédérale, demain, en vue de s'y installer durant sa formation qui débutera dans quelques jours. «Si je trouve du travail dans une école en Ontario, je ne reviendrai pas au Québec», prévient-il.
On ne tient pas compte de l'expérience Moctar Dicko a beau avoir 22 années d'expérience en enseignement, ça ne compte pas, tranche le ministère de l'Éducation. «Le Règlement sur les autorisations d'enseigner ne permet pas la reconnaissance de l'expérience en enseignement», a confirmé le porte-parole du Ministère, Pierre Noël, dans un courriel envoyé au Journal hier.
Incontournables
Sur canoë.ca
- 1. Un Québécois tué dans une fusillade
- 2. Un Québécois tombe sous les balles d'un tireur
- 3. Vanessa Tremblay coupable
- 4. Un avion atterrit d'urgence
- 5. Esclaves sexuelles
- 6. Vanessa Tremblay coupable de meurtre prémédité
- 7. Vol de nuit à bord de l'ISS
- 8. Sexe et vomissures sur Internet
- 9. Tentative d'enlèvement en vidéo
- 10. «Déportées» en Ontario pour se prostituer
