24 HEURES - Le samedi 11 février 2012

Toujours plus cher pour un loyer

29/06/2009 14h58 

Photo: Archives 24 heures
Pendant que plusieurs locataires se préparent à déménager en cette veille du 1er juillet, une étude dévoilée lundi révèle que l’augmentation du prix des loyers de Montréal est supérieure de 40% à l’inflation depuis dix ans.

L’enquête, menée par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), démontre également que cette situation ne se limite pas qu’à la Métropole, mais est aussi répandue à l’échelle de la province.

« Les loyers ont augmenté cette année de près de 3,4% au Québec alors que l’inflation n’était que de 0,4% et que la Régie suggérait des hausses de 0,6% à 0,8%, indique Guillaume Hébert, l’un des chercheurs de l’IRIS ayant réalisé l’étude, qui ajoute que depuis la pénurie de logements en 1999, « le prix des loyers a connu une hausse de 30% plus rapide que l’inflation. »

La faute de l’État

De plus, l’étude de l’IRIS souligne que la crise du logement est encore bien vivante au Québec. Un problème dû aux actions gouvernementales, explique le chercheur Marc Daoud lorsque rejoint par 24 heures.

« Ça a commencé en 1994 quand le fédéral s’est retiré de la construction de HLM. Quatre ou cinq ans plus tard, la crise a débuté », ajoute-t-il.

M. Daoud mentionne également que les locataires voulant contester une augmentation de leur loyer se font mettre des bâtons dans les roues par l’actuelle règlementation provinciale. « Juste la contestation est un procédé compliqué. De plus, la Régie donne des recommandations qui ne sont pas contraignantes. »

Endettement

Le pouvoir municipal n’échappe pas non plus à l’analyse de l’IRIS, alors que les différents programmes d’accès à la propriété, comme Accès-Condo, y sont écorchés. Selon les chercheurs, ces initiatives « incitent des gens qui n’en ont pas les moyens à devenir propriétaires pour éviter de payer des loyers très élevés. » « Le fait que des locataires deviennent propriétaires ne fait qu’engendrer des coûts beaucoup plus importants pour eux, constate M. Daoud. Leur sort n’est pas amélioré. »

Afin de régler le problème, l’IRIS croit que les autorités doivent privilégier un « investissement ponctuel » dans les logements sociaux. « Le parc locatif du Québec est à 10% de sa capacité, alors qu’on parle de 70% dans certains pays d’Europe », précise M. Daoud.

Selon l’IRIS, 35,6% des locataires québécois n’ont pas accès à un logement abordable.

jeanphilippe.arcand@24-heures.ca

 

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