24 HEURES - Le vendredi 14 juin 2019

Société Radio-Canada : Harper fâché contre Bernard Derome

23/05/2009 21h34 

Le premier ministre canadien, Stephen harper
Photo: archive 24 heures
La sortie de Bernard Derome contre le gouvernement conservateur, jeudi à l’Assemblée nationale, a mis en colère le cabinet du premier ministre Stephen Harper, mais il n’est pas question pour la SRC de rabrouer le journaliste et ex-chef d’antenne, comme elle l’avait fait en 2006 pour la journaliste Christine Saint-Pierre.

Le bureau de Stephen Harper a accusé Bernard Derome «d’inventer des histoires» et de démontrer qu’il existe bel et bien, au sein de la salle de rédaction de la SRC à Montréal, «un préjugé contre le gouvernement conservateur».

«Comment M. Derome peut-il avancer que ce gouvernement veut disloquer ou démanteler une institution pour des raisons idéologiques, quand c’est ce même gouvernement qui octroie cette année un montant record de 1 milliard 170 millions de dollars en contribution annuelle à la SRC?», a demandé le porte-parole du premier ministre, Dimitri Soudas, en rappelant que, sous les libéraux de Jean Chrétien, le budget de la SRC avait fondu de 400 millions $.

Selon lui, M. Derome n’a pas fait honneur à la citation de René Lévesque «Être informé, c’est être libre». «Car être informé et libre, ça ne veut pas dire que l’on peut inventer des histoires», a répliqué le porte-parole de Stephen Harper.

Deux poids, deux mesures?

Même si Bernard Derome est toujours journaliste – il prend sa retraite le 31 juillet prochain –, la direction de la SRC n’a pas l’intention de le sanctionner pour avoir affiché ouvertement ses opinions politiques.

En 2006, la journaliste Christine Saint- Pierre, aujourd’hui ministre de la Culture au Québec, avait été relevée de ses fonctions de courriériste parlementaire à Ottawa pour avoir envoyé une lettre dans un quotidien en appui aux soldats canadiens en Afghanistan. Elle comptait 30 ans de service à la SRC.

Les règles d’éthique de la SRC interdisent aux journalistes d’afficher leurs opinions politiques.

Mais cette comparaison avec Christine Saint-Pierre ne tient pas, selon Marc Pichette, directeur des communications de la SRC.

«Tout ce que je peux vous dire, c’est que M. Derome a choisi en son nom personnel, à l’aube de son départ à la retraite, de lancer un cri du coeur pour une société qu’il aime beaucoup et pour laquelle il a consacré 44 ans de sa vie», a déclaré M. Pichette.

 
 

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