24 HEURES - Le samedi 11 février 2012

Délocalisation des emplois: le Québec n’est plus épargné

16/04/2009 14h29 

« Contrairement à la croyance populaire, ce ne sont plus les emplois bas de gamme qu’on envoie ailleurs», avance le chercheur Philippe Hurteau.
Photo: Sarah-Maude Lefebvre
17.5% des emplois québécois pourraient être perdus au profit de main d’œuvre étrangère, moins coûteuse et donc plus économique pour les grandes entreprises.

En ces temps de crise économique, la menace du transfert des emplois vers les pays à bas salaires pourrait en effet devenir une nouvelle stratégie d’affaires au Québec, selon une étude rendue publique jeudi par l’Institut de recherche et d’information socio-économique.

« Avec la déréglementation des marchés, il y a maintenant une concurrence entre les travailleurs pour attirer les investissements des grandes entreprises. Comme un travailleur chinois a un salaire qui est environ 19 fois moins cher qu’un travailleur québécois, les entreprises peuvent menacer leur employés de déménager s’ils n’acceptent pas des diminutions de salaire », explique le chercheur Philippe Hurteau.

Selon ce dernier, cette réalité, qui frappe actuellement le secteur manufacturier, n’épargnera pas le secteur des services alors que 20% des emplois de domaine seraient menacés par la délocalisation.

« Contrairement à la croyance populaire, ce ne sont plus les emplois bas de gamme qu’on envoie ailleurs. Ce sont les emplois de qualité que l’on menace de délocaliser afin d’obtenir des concessions au niveau des conditions de travail et des conditions salariales de travailleuses et travailleurs », soutient M. Hurteau.

Depuis 1997, le taux d’emplois temporaires a augmenté de 11.5% et celui de l’emploi à temps partiel de 25% depuis 1990.

sarahmaude.lefebvre@24-heures.ca

 

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