24 HEURES - Le samedi 25 octobre 2014

Obésité : un code postal qui en dit long

01/04/2009 14h13 - Mise à jour 01/04/2009 14h17

Le taux d’obésité serait en effet intimement lié au statut socioéconomique des individus et à leur emplacement géographique, selon plusieurs études effectuées par le directeur du Center for Obesity Research de l’Université de Washington, le Dr. Adam Drewnowski.
Photo: Sarah-Maude Lefebvre
Les scientifiques disposent maintenant d’un nouvel outil pour évaluer le taux d’obésité de la population : le code postal.

Le taux d’obésité serait en effet intimement lié au statut socioéconomique des individus et à leur emplacement géographique, selon plusieurs études effectuées par le directeur du Center for Obesity Research de l’Université de Washington, le Dr. Adam Drewnowski.

Ce dernier a notamment découvert que le taux d’obésité moyen des quartiers défavorisés de Seattle était d’environ 30% alors qu’il plafonnait à 5% dans les secteurs plus aisés de la ville. Une deuxième étude est ensuite venue confirmer son hypothèse.

« Pour moi, c’est clair qu’il doit y avoir plus d’enfants obèses à Hochelaga qu’à Outremont. Les personnes défavorisées ont un pouvoir d’achat affaibli et ont tendance à acheter des aliments dépourvus de qualité nutritionnelle. Le prix des aliments est directement relié à l’obésité », a-t-il confié à 24 heures lors de son passage mercredi, à Montréal, au symposium « Obésité infantile, faire le point pour faire une différence ».

« Il faut arrêter de penser que l’obésité est seulement génétique. C’est aussi profondément lié au manque de ressources et à l’absence d’offre alimentaire. Il existe clairement des quartiers obésogènes », a-t-il déclaré, déplorant au passage le manque d’action ciblé du gouvernement au sujet de l’alimentation dans les quartiers défavorisés.

Ce constat ne prend pas les allures d’une découverte pour la nutritionniste Isabelle Huot qui a été à même de constater les effets de ce phénomène dans sa pratique.

« La mauvaise alimentation a toujours été reliée à une condition socioéconomique précaire. Les personnes moins aisées ont tendance à se rebattre sur de la nourriture peu nutritive à cause du prix alors qu’il existe des options santé à faible coût, comme les légumineuses ».

Au Québec, 16% des jeunes âgée entre quatre et sept ans souffrent d’embonpoint.

sarahmaude.lefebvre@24-heures.ca

 
 

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