24 HEURES - Le dimanche 20 août 2017

Schizophrénie : les femmes différentes?

27/03/2009 13h09 

Selon la Dre Adrianna Mendrek, il existe inversion sexuelle chez une partie des personnes atteintes de schizophrénie.
Photo: Jean-François Lebel
Une nouvelle étude du centre de recherche de l’hôpital Louis-H. Lafontaine vient remettre en question le traitement de la schizophrénie. Et si les femmes devaient être traitées différemment des hommes?

Voilà une question à laquelle la Dre Adrianna Mendrek ne peut pas encore répondre, même si elle peut affirmer aujourd’hui qu’il existe inversion sexuelle chez une partie des personnes atteintes de schizophrénie.

« Nous constatons une masculinisation du cerveau des femmes et une féminisation de celui des hommes chez les schizophrènes. Il existe une véritable inversion sexuelle chez les hommes et les femmes atteints de schizophrénie au niveau des circuits nerveux, des dimensions de certaines structures cérébrales et de la production d’hormones », a expliqué la chercheuse du Centre de recherche Fernand-Séguin lors du dévoilement de son étude, vendredi.

Revoir les traitements?

Ces résultats viendraient jeter un éclairage nouveau sur la manière dont sont effectuées les études cliniques en schizophrénie.

« Cela nous montre à quel point il est important d’inclure les femmes dans les études alors que, présentement, environ 95% de celles-ci sont faites exclusivement avec des hommes. Donc, toutes les théories sur cette maladie sont basées sur des données masculines. Peut-être faudra-t-il traiter les femmes différemment des hommes maintenant que l’on sait que leurs cerveaux ne sont pas organisés de la même façon », avance Dre Mendrek.

Pour sa part, la Société québécoise de Schizophrénie rappelle qu’il ne faut pas voir les résultats de cette étude comme une critique envers le système, mais plutôt comme une évolution naturelle de la science.v « Oui, s’il y a lieu, il serait important de réviser le traitement des femmes pour qu’il soit adapté à leur besoins. La science évolue constamment et apporte des précisions sur cette maladie complexe qu’est la schizophrénie », a témoigné la présidente de l’organisation, Odette Beaudoin.

La schizophrénie atteindrait 1% de la population québécoise, soit 70 000 personnes.

sarahmaude.lefebvre@24-heures.ca

 
 

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