24 HEURES - Le samedi 11 février 2012

Le Québec plonge dans la crise

06/02/2009 15h00 

Photo: Collaboration spéciale
129 000 emplois perdus au mois de janvier et un taux de chômage qui bondit à 7,2%. Voilà le bilan d’un triste début d’année économique alors que la crise mondiale frappe le Québec de plein fouet.

Maigre consolation s’il en est une, le Québec est toutefois moins affecté que son voisin ontarien puisqu’il affiche pour une rare fois un taux de chômage inférieur, « ce qui n’est pas arrivé souvent », selon l'économiste Joëlle Noreau, du Mouvement Desjardins.

Malgré cela, les pertes d’emplois s’accumulent au Québec. « Nous avons perdu 7400 emplois au mois de décembre et 25 800 au mois de janvier. Ce sont des pertes importantes pour le secteur manufacturier, mais ce n’est pas une grosse surprise car il y a des mises à pied depuis un bon bout de temps déjà dans ce secteur », souligne-t-elle.

Un avenir incertain

« Nous sommes certes moins touchés que l’Ontario pour le moment, mais il faudra s’attendre à d’autres pertes d’emplois dans les prochains mois dans le secteur manufacturier, de la finance et du transport », souligne d’autre part Mme Noreau.

Une prévision qui est partagée par Yannick Clérouin, directeur de la section Investir au journal Les Affaires, pour qui l’avenir financier du Québec demeure « incertain ».

« On pourrait se retrouver dans la même position que l’Ontario, durement affectée par la crise, dans les prochains mois. Les pertes dans le secteur de l’aéronautique pourraient s’accroître », avance-t-il.

Ce dernier estime que Bombardier, qui a annoncé récemment la suppression de 1360 emplois, pourrait procéder à d’autres mises à pied si la situation continue à se détériorer.

« Disons que les avions d’affaire ne sont pas une priorité pour les hauts dirigeants à l’heure actuelle. Or, ces avions sont les vaches à lait de Bombardier et ça pourrait prendre un bon moment avant que le marché reprenne ».

« Il faut réagir » Le secteur manufacturier ne s’en sortira pas seul et la clé du problème réside en la formation, croit pour sa part Pierre-Antoine Harvey, économiste à l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS). « Il faut réagir car les pertes du secteur manufacturier sont des emplois qui ne reviendront pas. C’est pourquoi le gouvernement doit investir dans la formation continue des travailleurs mis à pieds ». Selon Statistiques Canada, le Canada a perdu 129 000 emplois durant le mois de janvier. Ce déclin «aurait excédé tout autre baisse mensuelle survenue durant les précédents replis économiques des années 1980 et 1990 ». sarahmaude.lefebvre@24-heures.ca

 

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