24 HEURES - Le dimanche 23 novembre 2014

Crise du verglas : des impacts 10 ans plus tard

28/01/2009 15h28 

Suzanne King et Stéfania Maccari travaillent toutes deux sur le stress prénatal.
Photo: Sarah-Maude Lefebvre
Plus de 10 ans après la crise du verglas, les impacts de cette catastrophe naturelle se font encore ressentir sur les enfants nés peu de temps après cette catastrophe naturelle.

C’est le constat auquel arrive la chercheuse Suzanne King qui explore la thématique du stress prénatal auprès de 200 enfants depuis juin 1998.

«Nous avons constaté que pire est l’expérience de la mère durant une période de stress intense, plus l’intelligence de son enfant risque d’être peu élevée», révèle Mme King qui tient à préciser que ce n’est pas le cas actuellement parmi les enfants observés.

« Les impacts sont importants sur le développement linguistique et le niveau d’agressivité de l’enfant. Il y a aussi des changements physiques comme les empreintes digitales des mains qui sont davantage asymétriques», souligne la directrice, Division de recherche psychosociale, de l’Institut Douglas.

« Nous mesurons le niveau de stress vécu pendant cette période en fonction de l’expérience objective, comme le nombre de jours vécu sans électricité ou encore les pertes financières subies», explique cette dernière.

Les catastrophes naturelles et la santé mentale

Une dizaine de chercheurs en provenance des États-Unis, du Canada et de l’Angleterre, rassemblés à Montréal le temps d’une conférence internationale, arrivent eux aussi à la conclusion que les catastrophes naturelles peuvent avoir un impact sur la santé mentale des femmes enceintes et de leurs enfants à naître.

Cette conférence internationale permet donc à Mme King de comparer ses recherches avec celles de ses confrères d’un peu partout dans le monde, dont certaines portent sur des rongeurs ou des singes.

Stéfania Maccari, de l’Université des Sciences et des Technologies de Lille, en France, s’intéresse elle aussi sur l’impact du stress sur le comportement.

«Je fais vivre à des animaux un stress très intense qui peut être comparé au stress vécu lors de catastrophes naturelles. J’ai pu observer sur ceux-ci que cela occasionnait des impacts physiques et physiologiques à très long terme».

Bien que les recherches en soient à un stade préliminaire, cette conférence permet de tracer un portrait global du stress prénatal ce qui, espèrent les chercheurs, permettra de mener des recherches plus efficaces auprès des femmes enceintes lors de catastrophes naturelles.

Les recherches sur les «enfants du verglas» devraient d’ailleurs connaître un tournant important en 2009 alors qu’ils seront comparés physiquement et mentalement à un groupe témoin d’enfants qui n’ont pas vécu cette crise.

sarahmaude.lefebvre@24-heures.ca

 
 

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