24 HEURES - Le vendredi 10 février 2012

Crise à Gaza: la tension monte à Montréal

05/01/2009 16h38 

Photo: Rafaël Ouellet
L’offensive israélienne sur la bande de Gaza a des répercussions jusqu’à Montréal alors que les militants des deux camps ne cessent de s’affronter sur la place publique.

Pour Luciano Del Négro, directeur du Comité Québec-Israël, la manifestation de dimanche dernier contre l’intervention militaire dans Gaza amène un élément nouveau dans le débat entre les communautés juives et palestiniennes de Montréal : l’extrémisme.

Des slogans islamistes à Montréal?

« C’est la première fois qu’on voit des manifestants à Montréal reprendre des slogans islamistes à caractère haineux », soutient ce dernier. « Il y a là une tentative de la part des éléments extrémistes islamistes de démoniser Israël et les Juifs de Montréal ».

«Faux», rétorque l’organisation Palestiniens et Juifs Unis (PAJU) qui participait au rassemblement de dimanche.

« C’est naturel que les gens de Québec-Israël essaient de tourner ça vers des préjugés. Or, c’est inexact. C’est une stratégie politique que de faire ça », croit pour sa part Daniel Saykaly du PAJU.

Aux accusations de Québec-Israël qui soutient avoir entendu des slogans antisémites lors cette manifestation, M. Saykaly réplique que « c’est facile à dire. C’est facile d’envoyer quelqu’un dans la foule le faire pour mal faire paraître ».

Du côté du groupe Solidarité pour les droits des Palestiniens, la porte-parole Nina Amrov soutient qu’il est « malheureux qu’on s’accuse au lieu d’envisager le vrai problème ».

Une fragilisation de la société québécoise?

Yakov Rabkin, professeur d’histoire à l’Université de Montréal, avoue craindre qu’il y ait « l’importation du conflit » au Québec.

« Je dis souvent que ceux qui veulent faire le conflit ici n’ont qu’à prendre l’avion et aller le faire là-bas. Mener la guerre ici, sur les côtes du Saint-Laurent, n’est pas très approprié ».

Pour sa part, le professeur de science politique à l’Université de Sherbrooke, Sami Aoun, insiste sur la nécessité de « garder intact le pacte social québécois ».

« Personne n’interdit aux communautés d’avoir des sympathies mais ça ne doit pas porter atteinte à l’harmonie québécoise ».

Dimanche après-midi, plus de 1000 manifestants se sont rassemblés au centre-ville de Montréal, à l’intersection des rues Sainte-Catherine et Atwater, pour dénoncer l’offensive israélienne à l’endroit de la bande de Gaza.

sarahmaude.lefebvre@24-heures.ca

 

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