24 HEURES - Le mercredi 22 octobre 2014

Études…cliniques

28/10/2008 10h41 

Photo: Maxime Deland
De plus en en plus d’étudiants payent leurs frais de scolarité en participant à des études cliniques.

Celles-ci leur permettent de faire beaucoup d’argent en très peu de temps, au lieu de cumuler les boulots moins payants.

C’est le cas de Julia, une jeune femme de 27 ans qui étudie en ostéopathie. Sa formation de 4 ans lui coûtera 50 000$ au bas mot.

Pour Julia, les études cliniques représentent le moyen idéal pour « arriver à payer la carte de crédit à la fin du mois. »

« La première fois que j’ai fait une étude clinique, c’était chez Algorithme Pharma pour deux visites de 48 heures. Pour moi, c’est un 1000$ facile à faire. J’écoute des films et je fais mes travaux de session. Le seul aspect désagréable est les prises de sang qu’ils nous font aux demi-heures le jour et aux heures la nuit pendant 12 heures », explique Julia.

La jeune Montréalaise soutient que tester des médicaments n’a rien de néfaste pour la santé.

« On est super bien encadrés et le personnel est vraiment compétent. Par ailleurs, on teste des médicaments qui ont déjà été mis à l’épreuve sur des humains. C’est sûr que ce n’est pas très agréable, mais c’est un revenu supplémentaire intéressant. Par contre, je ne pourrais pas faire ça plus de 48h à la fois! », rapporte la jeune femme.

Sessions d’études médicamentées

Les étudiants constituent 25% de la clientèle d’Algorithme Pharma. Selon Claude Tremblay, directrice de l’organisme, les études cliniques représentent un revenu d’appoint intéressant pour les étudiants.

« À cause de leur horaire d’école, les étudiants viennent principalement la fin de semaine. Ils arrivent avec leur portable et font leurs travaux de session. Ils s’organisent même des groupes d’études quand arrive la fin de la session », confie Mme Tremblay.

Même son de cloche du côté de Johanne Boucher-Champagne, présidente d’Anapharm.

« La compensation financière que nous offrons attire beaucoup d’étudiants. Il n’est pas rare de voir ces derniers se présenter aux études avec leur portable et faire leurs travaux de session », révèle Mme Boucher-Champagne.

Déjouer le système

Même si le système ne le permet pas, les étudiants n’hésitent pas à multiplier les études en se présentant chez plusieurs compagnies à la fois. Malheureusement pour eux, ils sont rapidement démasqués.

« Les études durent trois semaines en moyenne et il doit y avoir un minimum de 28 jours entre chaque étude. Pour éviter que nos clients fassent deux études en même temps, nous partageons nos informations avec les 2 autres grands centres de recherche, soit Anapharm et MDS Pharma », signale la présidente d’ Algorithme Pharma.

Si les études cliniques sont autant populaires chez étudiants, c’est que les pressions économiques alliées à des dettes d’études imposantes ne leur laissent pas trop le choix, selon David Paradis, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec.

« La dette moyenne d’étude d’un étudiant universitaire tourne autour de 12 000$. C’est un facteur qui joue dans la décision de participer à une étude clinique », croit ce dernier.

 
 

Incontournables